Politique

16,54 milliards de FCFA prévus pour la Jeunesse et les Sports en 2027

Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Paul Ulrich Kessany Zategwa, a défendu, lundi 26 octobre 2026, devant la Commission des Finances de l’Assemblée nationale, le projet de budget de son département ministériel pour l’exercice 2027. Fixée à 16,54 milliards de FCFA, cette enveloppe est en baisse de près de 1,18 milliard par rapport au budget rectificatif de 2026. Les débats ont notamment porté sur l’état des infrastructures sportives, le financement des clubs de football et la répartition des ressources sur l’ensemble du territoire.

Le financement des politiques publiques en faveur de la jeunesse et du sport était au centre des travaux parlementaires ce lundi. Devant les députés membres de la Commission des Finances, Paul Ulrich Kessany Zategwa a présenté les prévisions budgétaires de son ministère pour 2027, dans un contexte marqué par la nécessité de concilier les ambitions du secteur avec les contraintes des finances publiques.

Selon les chiffres communiqués, le budget proposé pour les missions 18 « Jeunesse, Sports » et 63 « Promotion du Sport » s’élève à 16 549 453 308 FCFA, contre 17 732 355 566 FCFA dans la loi de finances rectificative de 2026.

Cette différence représente une diminution de 1 182 902 258 FCFA, soit environ 6,7 %. Une baisse qui pose la question des priorités à retenir pour maintenir les actions en faveur de la jeunesse, soutenir la pratique sportive et améliorer les conditions de préparation des athlètes.

Le sport de proximité parmi les priorités

Dans sa présentation, le ministre a exposé une feuille de route axée notamment sur le développement du sport de proximité, la promotion de la vie associative et l’accompagnement des athlètes d’élite ainsi que des sportifs professionnels.

Ces orientations concernent plusieurs dimensions de la politique sportive nationale, depuis la pratique au niveau local jusqu’à la préparation des sportifs engagés dans les compétitions de haut niveau.

Le sport de proximité représente notamment un levier pour favoriser l’accès des jeunes aux activités physiques, encourager l’encadrement associatif et contribuer à la cohésion sociale. Sa mise en œuvre suppose toutefois des équipements accessibles, des structures fonctionnelles et des moyens permettant aux associations de mener leurs activités dans la durée.

Dans un contexte de réduction de l’enveloppe budgétaire, l’enjeu sera de déterminer comment les crédits disponibles pourront être répartis entre les programmes, les infrastructures et les différents bénéficiaires.

L’état des infrastructures sportives dénoncé

Les conditions d’entretien des installations sportives ont occupé une place importante dans les échanges. La députée Albertine Maganga Moussavou a déploré l’état de dégradation ou d’abandon de plusieurs infrastructures sportives à travers le pays.

Cette préoccupation renvoie à un défi majeur pour le secteur : disposer d’équipements adaptés ne suffit pas si leur entretien régulier n’est pas assuré. La dégradation des installations peut limiter leur utilisation par les populations, compliquer l’organisation des compétitions et réduire les possibilités d’entraînement pour les sportifs.

La parlementaire a également soulevé la question de la concentration des rencontres internationales à Franceville. Elle a plaidé pour une meilleure répartition des ressources entre les différentes localités, ainsi que pour un soutien accru aux disciplines autres que le football.

Cette intervention met en évidence l’enjeu de l’équité territoriale dans la politique sportive. Une répartition plus équilibrée des investissements et des compétitions pourrait contribuer à valoriser les talents dans plusieurs régions et à favoriser une pratique sportive plus diversifiée.

Les subventions aux clubs de football questionnées

La question des subventions publiques accordées aux clubs de football a également suscité des interrogations parmi les parlementaires.

Le député Béni Ngoua Mbina a notamment remis en cause la pérennité du financement direct de structures relevant du secteur privé par l’État. Sa prise de position relance le débat sur les modalités d’intervention des pouvoirs publics dans le sport professionnel et sur la capacité des clubs à développer des sources de revenus propres.

Derrière cette question se trouve un enjeu de modèle économique. Les aides publiques peuvent contribuer au fonctionnement des clubs et à la structuration des compétitions, mais leur efficacité dépend notamment des objectifs fixés, des mécanismes de contrôle et des résultats attendus.

La recherche de financements complémentaires, à travers les partenariats privés, le sponsoring, les recettes commerciales et une meilleure gestion, constitue une piste de réflexion pour renforcer l’autonomie financière des structures sportives. Elle ne dispense toutefois pas les pouvoirs publics de définir clairement les formes de soutien qu’ils souhaitent maintenir au regard de leurs objectifs d’intérêt général.

Des arbitrages attendus pour 2027

La baisse du budget proposé pour 2027 intervient alors que les attentes restent importantes en matière d’infrastructures, de développement du sport à la base, de formation et d’accompagnement des sportifs de haut niveau.

Les débats en commission ont ainsi fait ressortir plusieurs priorités : préserver les équipements existants, améliorer l’accès aux installations, mieux répartir les moyens sur le territoire et clarifier les modalités de financement du sport professionnel.

La question ne se limite donc pas au montant global de l’enveloppe. Elle concerne également la capacité du ministère à hiérarchiser ses dépenses, à renforcer l’efficacité des crédits engagés et à évaluer les résultats obtenus.

Les conclusions des travaux de la Commission des Finances devraient contribuer à préciser les orientations budgétaires du secteur pour l’exercice 2027. Le montant présenté constitue toutefois un projet soumis à l’examen parlementaire et ne doit pas être confondu avec le budget définitivement adopté.

Pour le ministère de la Jeunesse et des Sports, le défi sera de faire correspondre les moyens disponibles aux besoins du terrain, tout en répondant aux attentes relatives à la modernisation des infrastructures et à la diversification de la pratique sportive au Gabon.

Marc.M

Juriste de formation, j’ai découvert la communication par curiosité, avant d’en faire une véritable passion. Depuis 2025, je m’investis au sein d’Actu241, notamment dans la rédaction d’articles consacrés à l’économie, à la société, au sport et à la culture. « Informer, c’est donner du sens aux faits et une voix aux réalités. »

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