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TRIBUNE LIBRE | Naufrage du Prospector 5 au large de Mayumba : l’urgence humaine, la coopération maritime et l’exigence de responsabilité

Par Kenny Hilich MABOUDI BOULINGUI


Juriste, titulaire d’un Master en droit des activités maritimes, portuaires et océaniques, enseignant vacataire et titulaire d’une certification de l’Organisation maritime internationale (OMI) en pollution maritime et gestion des eaux de ballast.

Le naufrage de la plateforme de forage Prospector 5, survenu le samedi 24 octobre 2026 au large de Mayumba, sur le permis pétrolier Dussafu Marin, rappelle brutalement les risques inhérents aux activités industrielles en mer. Au-delà de l’événement technique, ce drame soulève des questions essentielles relatives à la sécurité des travailleurs offshore, aux obligations des opérateurs pétroliers, à la protection du milieu marin et à la détermination des responsabilités.

Selon le communiqué du ministère du Pétrole et du Gaz, l’incident s’est produit aux environs de 20 h 37, pendant les opérations de mise en position et de préchargement de la plateforme, en préparation d’une campagne de forage. Un affaissement du sol marin sous l’un des appuis de la structure aurait provoqué une perte de stabilité, conduisant au naufrage de l’installation détenue et exploitée par Borr Drilling, prestataire de la compagnie pétrolière BW Energy.

Le bilan provisoire communiqué par les autorités fait état de 115 personnes présentes à bord, dont 110 retrouvées en sécurité, tandis que cinq travailleurs demeurent portés disparus. Les opérations de recherche et de sauvetage se poursuivent sous la mobilisation des moyens de l’État, notamment ceux de la Marine nationale gabonaise, avec le concours des entreprises concernées et, désormais, de la Marine nationale de la République du Congo, venue prêter main-forte aux équipes gabonaises.

À ce stade, une priorité s’impose au-dessus de toute autre considération : retrouver les personnes disparues. Derrière ces cinq vies, il y a des familles, des proches et des collègues confrontés à une attente particulièrement éprouvante. La mobilisation des autorités gabonaises, sous l’impulsion du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, ainsi que la coopération engagée avec le Congo, traduisent l’importance de cette urgence humaine.

Mais si l’urgence commande de rechercher les disparus, la gravité de l’événement exige également que l’on prépare, dès maintenant, une analyse rigoureuse de ses causes et de ses conséquences.

Le sauvetage en mer : une obligation humaine et juridique

La mobilisation de la Marine nationale gabonaise et l’appui apporté par la Marine nationale congolaise ne constituent pas seulement un geste de solidarité entre États voisins. Ces opérations s’inscrivent dans les principes fondamentaux du droit international maritime, qui placent la sauvegarde de la vie humaine en mer au cœur des obligations des États et des acteurs de la navigation.

La Convention internationale de 1979 sur la recherche et le sauvetage maritimes, dite Convention SAR, vise précisément à organiser la coordination des opérations de recherche et de sauvetage, afin que les personnes en détresse puissent bénéficier d’une assistance aussi efficace que possible, indépendamment des frontières maritimes. Elle encourage la coopération entre les services de secours des États voisins, notamment par la coordination des moyens, l’établissement de procédures communes et la facilitation des interventions transfrontalières dans les conditions prévues par le droit applicable.

Cette exigence trouve également un fondement important dans l’article 98 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982. Cet article prévoit notamment que chaque État exige du capitaine d’un navire battant son pavillon qu’il porte assistance aux personnes en danger en mer, dans la mesure où cette assistance peut être apportée sans danger sérieux pour son navire, son équipage ou ses passagers. Il prévoit également que les États côtiers favorisent la mise en place, le fonctionnement et le maintien de services de recherche et de sauvetage adéquats et efficaces et coopèrent, lorsque les circonstances l’exigent, avec les États voisins dans le cadre d’arrangements régionaux.

Il importe toutefois de distinguer les obligations de porter assistance aux personnes en détresse des mécanismes de coopération entre les services étatiques de secours. Ces deux dimensions sont complémentaires, mais elles ne reposent pas nécessairement sur les mêmes dispositions juridiques.

Dans le cas du Prospector 5, la participation de la Marine congolaise illustre concrètement l’importance de cette coopération régionale. Les personnes disparues en mer ne sont pas protégées par une frontière politique : les courants, les vents et les conditions météorologiques peuvent déplacer des objets ou des personnes au-delà des zones initialement ciblées par les recherches. La mutualisation des moyens peut ainsi élargir le périmètre des opérations et renforcer les chances de retrouver les disparus.

Cette coopération doit être saluée. Elle rappelle que la solidarité entre États riverains du golfe de Guinée constitue un levier essentiel pour répondre aux urgences maritimes. Elle souligne également la nécessité de disposer de dispositifs de coordination opérationnelle, de communication et d’intervention capables d’être activés rapidement lorsque survient un accident majeur.

Dans ce contexte, la priorité demeure inchangée : poursuivre les recherches sans relâche, coordonner efficacement les moyens engagés et assurer aux familles une information régulière et fiable.

Un accident industriel dont les circonstances doivent être établies

Dans les activités de forage offshore, la stabilité d’une plateforme autoélévatrice dépend notamment de la configuration du fond marin, de la résistance des sols, du positionnement des appuis et du respect des procédures techniques de mise en place. Les opérations de préchargement constituent une étape importante : elles permettent notamment d’évaluer le comportement des appuis et la capacité du sol à supporter les charges prévues.

L’hypothèse d’un affaissement du sol marin sous l’un des appuis, évoquée dans le communiqué ministériel, constitue donc un élément déterminant pour comprendre les circonstances du naufrage. Elle ne saurait toutefois être assimilée, à elle seule, à une explication définitive de l’accident.

Il appartiendra à l’enquête de déterminer avec précision le mécanisme ayant conduit à la perte de stabilité de la plateforme. Cela suppose notamment d’examiner les études géotechniques préalables, les données relatives au fond marin, les conditions de positionnement, les paramètres du préchargement, les dispositifs de surveillance et les procédures de sécurité appliquées.

Il faudra également rechercher si les opérations ont été conduites conformément aux exigences techniques et réglementaires applicables, et si les mesures de prévention étaient adaptées aux risques identifiés.

Cette analyse doit également s’appuyer sur les normes techniques pertinentes applicables aux unités mobiles de forage offshore, notamment le Code de l’Organisation maritime internationale relatif aux unités mobiles de forage offshore, communément appelé Code MODU, selon le régime applicable à l’installation concernée. Les exigences pertinentes en matière de stabilité, de construction, d’équipement et d’exploitation devront être confrontées aux caractéristiques de la plateforme et aux circonstances de l’accident.

Il convient ici de rappeler un principe fondamental : un accident peut survenir sans que sa seule survenance suffise à démontrer une faute. Mais aucun accident de cette ampleur ne devrait être considéré comme une fatalité dispensant d’en rechercher les causes.

L’enjeu n’est donc pas de désigner immédiatement un responsable. Il est de reconstituer les faits, d’identifier les facteurs ayant contribué à l’événement et de déterminer, sur des bases objectives, si des défaillances techniques, organisationnelles ou humaines ont joué un rôle.

Le droit maritime au cœur de l’analyse

En ma qualité de juriste spécialisé en droit des activités maritimes, portuaires et océaniques, cet événement mérite une attention particulière au regard des règles qui encadrent les activités offshore.

Le droit applicable ne se limite pas au droit des hydrocarbures. Il se situe au croisement du droit international de la mer, du droit de la sécurité maritime, du droit de l’environnement, du droit du travail et des régimes de responsabilité susceptibles de s’appliquer aux opérations concernées.

La Convention des Nations unies sur le droit de la mer du 10 décembre 1982 constitue une référence majeure. Son article 56 définit notamment les droits et compétences de l’État côtier dans sa zone économique exclusive, tandis que son article 60 traite des installations et ouvrages qui y sont implantés. Les articles 192 et 194 consacrent respectivement l’obligation de protéger et de préserver le milieu marin ainsi que celle de prendre les mesures nécessaires pour prévenir, réduire et maîtriser la pollution marine.

L’article 98 de cette même Convention mérite également une attention particulière dans le contexte actuel. Au-delà de l’obligation de porter assistance aux personnes en détresse, il met en avant la responsabilité des États côtiers dans le développement de services efficaces de recherche et de sauvetage ainsi que la coopération régionale lorsque les circonstances l’exigent.

Ces dispositions doivent être examinées au regard de la localisation exacte de l’accident, du statut de l’installation et des compétences exercées par les autorités gabonaises.

Le Code MODU constitue également une référence technique importante pour la sécurité de ce type d’installation, selon le régime qui lui est applicable. Les exigences pertinentes en matière de stabilité, de construction, d’équipement et d’exploitation devront être examinées à la lumière des caractéristiques du Prospector 5 et des règles applicables à cette unité.

Les instruments internationaux relatifs à la sauvegarde de la vie humaine en mer, notamment la Convention SOLAS lorsque ses dispositions sont applicables, ainsi que la Convention SAR, peuvent également contribuer à l’analyse des obligations pertinentes en matière de sécurité et de secours.

Enfin, les règles de prévention de la pollution, notamment celles issues de la Convention MARPOL dans la mesure où elle est applicable, ainsi que la législation gabonaise relative aux hydrocarbures, à l’environnement et aux activités maritimes, devront être prises en considération.

La mobilisation de ces textes ne signifie pas que des violations ont été commises. Elle permet plutôt d’identifier le cadre dans lequel les faits devront être examinés et les obligations de chaque intervenant évaluées.

Borr Drilling, BW Energy et l’État gabonais : des rôles à clarifier

Le président de la République a indiqué s’être entretenu avec le directeur général de BW Energy, lequel lui aurait assuré que les équipes de l’entreprise étaient mobilisées, en coordination avec Borr Drilling et les autorités gabonaises, pour retrouver les personnes disparues. Le chef de l’État a également rappelé l’exigence d’une coopération totale de l’opérateur, tant dans les opérations de recherche que dans le cadre de l’enquête.

Cette exigence est légitime. Lorsqu’un événement majeur survient dans un secteur aussi sensible que l’exploitation pétrolière offshore, la coopération des entreprises concernées, la disponibilité des informations techniques et la préservation des éléments utiles à l’enquête sont essentielles.

Pour autant, les responsabilités respectives ne peuvent être déduites des seules fonctions exercées par les entreprises. Borr Drilling est présentée comme la société propriétaire et exploitante de la plateforme, tandis que BW Energy intervient dans les activités pétrolières du permis Dussafu Marin. Il conviendra d’examiner les obligations contractuelles et réglementaires de chacune, la répartition effective des responsabilités opérationnelles, les décisions prises avant l’accident et les mesures de prévention mises en œuvre.

L’État gabonais, pour sa part, doit veiller à la protection des personnes, à la conduite des opérations de secours et au respect du cadre juridique applicable aux activités exercées sur son domaine maritime. Son rôle consiste également à s’assurer que les investigations nécessaires soient menées avec la rigueur requise.

Il ne s’agit pas d’opposer les autorités publiques aux opérateurs privés. Il s’agit de rappeler que les activités pétrolières, lorsqu’elles présentent des risques importants pour la vie humaine et l’environnement, doivent s’inscrire dans un cadre où les obligations de chacun sont clairement définies et effectivement respectées.

Une enquête attendue, une transparence indispensable

Le président de la République a affirmé que l’enquête ouverte par le ministère du Pétrole et du Gaz établirait les causes et les responsabilités, et que ses conclusions seraient rendues publiques.

Cet engagement est important. La transparence constitue une condition essentielle de la confiance entre les autorités, les opérateurs, les travailleurs du secteur et l’opinion publique.

Il faudra notamment que les investigations permettent de répondre à plusieurs questions : les risques liés à la nature du fond marin avaient-ils été correctement évalués ? Les procédures de mise en position et de préchargement ont-elles été respectées ? Les dispositifs de sécurité et de surveillance étaient-ils adaptés ? Les décisions prises au cours des opérations étaient-elles conformes aux prescriptions techniques applicables ? Enfin, quelles mesures devront être adoptées pour prévenir la répétition d’un événement similaire ?

Les réponses devront être fondées sur des éléments techniques vérifiables et des expertises appropriées. Elles devront également distinguer les causes immédiates de l’accident de ses éventuels facteurs contributifs.

Si des manquements sont établis, les responsabilités correspondantes devront être examinées conformément au droit applicable. Si, au contraire, l’enquête met en évidence une défaillance technique difficilement prévisible malgré le respect des exigences pertinentes, cette conclusion devra également être exposée avec la même rigueur.

La crédibilité de l’enquête dépendra autant de la qualité de ses conclusions que de la méthode suivie pour les établir.

L’écosystème marin : une protection qui ne dépend pas de la présence d’une marée noire

Le communiqué du ministère précise qu’aucun dommage aux installations de production de MaBoMo ni aucun rejet accidentel de substances nocives en mer provenant de celles-ci n’ont été signalés à ce stade. Il indique également que la production a été arrêtée conformément aux procédures de sécurité applicables pendant les préparatifs de forage.

Ces informations doivent être rapportées avec précision. L’absence de rejet signalé depuis les installations de production concernées ne permet pas, à elle seule, de conclure à l’absence de tout impact environnemental lié au naufrage du Prospector 5.

La protection de l’environnement marin ne se résume pas à la recherche d’une nappe d’hydrocarbures visible à la surface de l’eau. Un accident en mer peut soulever des questions environnementales même lorsqu’aucune marée noire n’est constatée.

L’immersion d’une installation industrielle peut notamment nécessiter d’examiner la présence éventuelle d’hydrocarbures, de lubrifiants, de fluides techniques, de produits chimiques, de batteries, de déchets ou d’autres substances et équipements susceptibles de présenter un risque. Il convient également d’évaluer les conséquences physiques de l’épave sur le milieu marin et les éventuels risques pour les habitats et les espèces présents dans la zone concernée.

Ces risques ne doivent pas être affirmés comme des dommages déjà constatés. Ils constituent des points d’attention que les évaluations techniques et environnementales devront examiner, selon la configuration de la plateforme, son contenu au moment du naufrage et les caractéristiques du site.

Le cadre juridique international apporte ici un appui important. L’article 192 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer établit l’obligation générale de protéger et de préserver le milieu marin. L’article 194 impose aux États de prendre les mesures nécessaires pour prévenir, réduire et maîtriser la pollution du milieu marin, notamment lorsque des activités relevant de leur juridiction ou de leur contrôle sont susceptibles de causer des dommages.

L’article 206 de cette Convention prévoit par ailleurs que les États doivent, dans les conditions qu’il définit, évaluer les effets potentiels des activités projetées lorsqu’ils ont des motifs raisonnables de penser qu’elles risquent d’entraîner une pollution importante ou des modifications considérables et nuisibles du milieu marin, et communiquer les résultats de ces évaluations selon les modalités prévues.

Il faut néanmoins distinguer l’évaluation préalable des effets d’une activité, prévue par l’article 206, des mesures de suivi et d’évaluation qui pourraient être nécessaires après un accident. L’application précise des dispositions dépendra des circonstances, du droit pertinent et des obligations qui incombent aux acteurs concernés.

Dans le cas présent, la vigilance environnementale doit donc accompagner les opérations de secours et l’enquête technique. Une surveillance adaptée du site et du littoral, l’identification des risques potentiels et la préparation de mesures de prévention ou de remédiation, si elles s’avèrent nécessaires, constituent des démarches responsables.

Cette exigence est d’autant plus importante que le littoral de Mayumba et les espaces naturels qui l’entourent présentent un intérêt écologique. La protection du milieu marin ne doit pas attendre qu’un dommage manifeste soit constaté pour devenir une préoccupation.

La mer n’est pas uniquement un espace d’exploitation économique. Elle est un milieu vivant, une ressource stratégique et un patrimoine naturel dont la préservation engage les générations présentes et futures. Le développement des activités pétrolières doit donc rester compatible avec les impératifs de sécurité et de protection de l’environnement.

Faire de cet événement un point de départ pour renforcer la sécurité

Le Gabon a besoin d’une industrie pétrolière performante, capable de contribuer au développement économique du pays. Mais cette ambition ne peut être durable si elle ne s’accompagne pas d’exigences élevées en matière de sécurité, de prévention et de responsabilité environnementale.

Le naufrage du Prospector 5 doit ainsi conduire à s’interroger sur les mécanismes de contrôle, les procédures de préparation des plateformes autoélévatrices, la qualité des évaluations géotechniques, la coordination entre opérateurs et prestataires, ainsi que les capacités nationales d’intervention en cas d’accident offshore.

Il invite également à examiner la préparation des dispositifs de recherche et de sauvetage, les moyens de communication entre les services concernés et les mécanismes de coopération régionale. La mobilisation de la Marine nationale congolaise rappelle que les moyens d’un seul État peuvent parfois ne pas suffire à couvrir l’ensemble des besoins d’une opération maritime complexe.

Les conventions internationales encouragent précisément la coordination entre les services de secours et, lorsque cela est nécessaire, la coopération avec les États voisins. Pour le Gabon et ses partenaires régionaux, l’enjeu est donc aussi de consolider les capacités communes de réponse aux urgences maritimes, tout en respectant les procédures de coordination et les règles nationales applicables.

Une fois les conclusions de l’enquête disponibles, il conviendra d’en tirer toutes les conséquences utiles. Les éventuelles insuffisances devront être corrigées, les recommandations pertinentes mises en œuvre et les dispositifs de prévention réévalués. Lorsque cela sera nécessaire, les contrôles devront être renforcés et leur efficacité vérifiée.

La meilleure réponse à un accident industriel n’est pas uniquement de comprendre ce qui s’est passé. Elle consiste également à transformer les enseignements de l’événement en mesures concrètes, capables de réduire les risques futurs.

Cette démarche n’est ni une condamnation de l’industrie pétrolière ni une accusation à l’encontre des entreprises concernées. Elle relève d’une exigence élémentaire de gouvernance : toute activité comportant des risques significatifs pour les personnes et l’environnement doit être accompagnée de mécanismes de prévention, de contrôle et de responsabilité à la hauteur de ces risques.

La sécurité des travailleurs en mer doit rester une priorité absolue

Au moment où les opérations de recherche se poursuivent, la prudence demeure de mise. Les cinq personnes portées disparues ne doivent pas devenir de simples chiffres dans le suivi d’un événement industriel. Elles sont au cœur de cette tragédie humaine.

Leur recherche doit demeurer la priorité. Les familles doivent pouvoir bénéficier d’informations fiables et d’un accompagnement adapté. Les travailleurs du secteur offshore doivent, quant à eux, pouvoir compter sur des procédures de sécurité rigoureuses, des équipements adaptés et une organisation qui place la protection de la vie humaine au premier plan.

En définitive, le naufrage du Prospector 5 pose une question qui dépasse les circonstances immédiates de l’accident : comment garantir que les activités pétrolières en mer se déroulent dans des conditions compatibles avec la protection des travailleurs, le respect du droit et la préservation du milieu marin ?

La réponse ne peut venir ni de déclarations isolées ni de conclusions précipitées. Elle doit résulter d’une enquête rigoureuse, d’une coopération effective entre les acteurs concernés, d’une transparence suffisante et de mesures correctives lorsque les faits les justifient.

Un accident peut survenir. Ce qui ne doit jamais devenir acceptable, en revanche, c’est la banalisation du risque, l’absence de leçons tirées des événements ou le défaut de transparence sur les circonstances d’un drame.

À ce stade, l’enquête se poursuit. Il convient donc de respecter son déroulement, de ne préjuger d’aucune responsabilité et de laisser les éléments techniques et juridiques établir les faits.

Ma pensée va aux cinq travailleurs toujours portés disparus, à leurs familles et à leurs proches. Elle s’adresse également aux personnes retrouvées en sécurité ainsi qu’à toutes les équipes mobilisées dans les opérations de recherche et de sauvetage, gabonaises comme congolaises.

La sécurité maritime n’est pas une option. La protection de la vie humaine n’est pas une variable d’ajustement. Et la préservation de l’environnement marin ne saurait être reléguée au second plan.

Le naufrage du Prospector 5 doit nous rappeler cette exigence collective : rechercher les disparus, renforcer la coopération maritime, établir la vérité, assumer les responsabilités lorsqu’elles sont démontrées et protéger l’écosystème marin, afin que de tels drames ne se reproduisent pas.

Marc.M

Juriste de formation, j’ai découvert la communication par curiosité, avant d’en faire une véritable passion. Depuis 2025, je m’investis au sein d’Actu241, notamment dans la rédaction d’articles consacrés à l’économie, à la société, au sport et à la culture. « Informer, c’est donner du sens aux faits et une voix aux réalités. »

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