Décentralisation au Gabon : les maires pressent le gouvernement d’accélérer le transfert des compétences

Le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, Edgard Moukoumbi, a reçu, le mardi 27 octobre 2026, le maire de Libreville et président de l’Association des maires du Gabon (AMG), Eugène Mba. Au centre des échanges : l’accélération de la décentralisation, notamment le transfert des compétences de l’État vers les collectivités locales, afin de renforcer leur capacité d’action au bénéfice des populations.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des échanges entre le gouvernement et les représentants des collectivités locales sur la mise en œuvre de la politique de décentralisation. À cette occasion, Eugène Mba a remis au membre du gouvernement le rapport ainsi que la feuille de route issus de l’Assemblée générale ordinaire de l’AMG, organisée du 7 au 9 octobre dernier à Franceville, dans la province du Haut-Ogooué.
Ces documents présentent les principales préoccupations des élus locaux et les orientations retenues par leur association pour faire progresser le processus de décentralisation au Gabon.
Le transfert des compétences au cœur des discussions
Parmi les sujets abordés figure l’accélération du transfert des compétences de l’État vers les collectivités locales. Cette question constitue un enjeu central pour les maires, qui souhaitent disposer de moyens d’action plus adaptés aux responsabilités qui leur sont confiées.
L’objectif est de permettre aux communes d’assumer pleinement leurs missions et de répondre plus efficacement aux attentes des populations. Pour les élus locaux, la décentralisation ne peut produire tous ses effets sans une répartition claire des responsabilités entre l’administration centrale et les collectivités territoriales.

Le transfert des compétences apparaît ainsi comme une étape déterminante pour rapprocher l’action publique des citoyens, améliorer la gestion des besoins locaux et favoriser des réponses mieux adaptées aux réalités de chaque commune.
Toutefois, l’efficacité de cette évolution dépendra également des moyens humains, techniques et financiers mis à la disposition des collectivités pour exercer les responsabilités transférées.
Le gouvernement réaffirme son engagement
En réponse aux préoccupations exprimées par le président de l’AMG, Edgard Moukoumbi a réaffirmé l’engagement du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, à accélérer la mise en œuvre de la politique de décentralisation.
Cette position traduit la volonté affichée des autorités de faire progresser la gouvernance territoriale et de donner davantage de capacité d’action aux collectivités locales.
La remise du rapport et de la feuille de route de l’AMG offre, dans cette perspective, un cadre de référence pour poursuivre les discussions entre le gouvernement et les élus. Elle permet également de porter au niveau ministériel les attentes exprimées par les maires lors de leur assemblée générale.
Si cette volonté politique est réaffirmée, les prochaines étapes devront permettre de préciser les modalités pratiques du transfert des compétences et les conditions nécessaires à leur exercice effectif par les communes.
Vers une gouvernance territoriale renforcée
Au-delà des échanges institutionnels, l’enjeu est de faire de la décentralisation un levier de développement plus équilibré des territoires. Une meilleure répartition des compétences entre l’État et les collectivités locales pourrait contribuer à renforcer la proximité des services publics et à améliorer la prise en compte des besoins des habitants.
Pour les communes, la réussite du processus reposera notamment sur la clarté des responsabilités, la disponibilité des ressources et la capacité des administrations locales à mettre en œuvre les politiques publiques relevant de leurs attributions.
La rencontre entre Edgard Moukoumbi et Eugène Mba marque ainsi une nouvelle étape dans le dialogue entre le gouvernement et les élus locaux. Reste désormais à traduire les engagements annoncés en mesures concrètes, afin que l’accélération de la décentralisation se reflète dans le fonctionnement des collectivités et dans les services rendus aux populations.



