Économie

L’exécution du budget 2025 soulève des questions sur les recettes, les arriérés et la décentralisation

Avec 2 616,1 milliards de FCFA de recettes réalisées sur 2 996,5 milliards prévus, l’exécution budgétaire de l’exercice 2025 affiche un taux de réalisation de 87,3 %. Présentés devant la Commission des Finances et des Comptes économiques de la Nation du Sénat, les ministres Thierry Minko et Marc Abeghe ont défendu le projet de loi de règlement, dans un contexte marqué par des interrogations sur la sincérité des comptes, la trésorerie de l’État et le financement des collectivités territoriales.

Le contrôle parlementaire de l’exécution des finances publiques entre dans une phase déterminante avec l’examen du projet de loi de règlement, gestion 2025. À cette occasion, le ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la vie chère, Thierry Minko, accompagné du ministre délégué chargé du Budget, Marc Abeghe, a présenté aux sénateurs les principaux résultats de l’exécution budgétaire.

Cet exercice consiste à confronter les prévisions adoptées dans le budget initial aux opérations effectivement réalisées par l’État. Au-delà des chiffres, il permet au Parlement d’évaluer la gestion des ressources publiques, de relever les écarts et d’interroger le gouvernement sur les éventuelles difficultés rencontrées au cours de l’exercice.

Des recettes inférieures aux prévisions

Pour 2025, les recettes budgétaires réalisées s’élèvent à 2 616,1 milliards de FCFA, contre 2 996,5 milliards initialement prévus. Le taux d’exécution atteint ainsi 87,3 %, laissant apparaître un écart négatif de 380,4 milliards de FCFA.

Cette différence traduit une mobilisation des ressources inférieure aux objectifs inscrits dans le budget. Elle appelle notamment une analyse de la performance des différentes catégories de recettes et des hypothèses retenues lors de l’élaboration des prévisions budgétaires.

Du côté des dépenses, l’État a exécuté 2 351,8 milliards de FCFA sur une prévision de 2 794,5 milliards, soit un taux d’exécution de 84,2 %. L’écart entre les crédits prévus et les dépenses réalisées s’établit à 442,7 milliards de FCFA.

La comparaison des recettes et des dépenses exécutées fait ressortir un solde positif de 264,3 milliards de FCFA. Toutefois, cet excédent comptable ne signifie pas nécessairement que l’État disposait d’une trésorerie excédentaire. Les délais d’encaissement des recettes, les échéances de paiement et les engagements restant à honorer peuvent en effet influer sur la disponibilité réelle des ressources financières.

La sincérité des comptes et les arriérés au cœur du débat

Le gouvernement a indiqué que l’exercice 2025 avait été marqué par des tensions de trésorerie contenues. Cette présentation n’a cependant pas dissipé toutes les préoccupations des parlementaires.

Les sénateurs ont notamment interrogé les ministres sur la sincérité des comptes, la cohérence entre les prévisions et les résultats enregistrés, ainsi que les conditions de recours aux crédits supplémentaires.

La distinction entre le reste à payer et les arriérés de paiement figure également parmi les sujets soulevés. Cette question est importante pour apprécier la situation financière réelle de l’État, puisque les dépenses exécutées ne donnent pas nécessairement une image complète des obligations qui restent à régler.

La clarification de ces éléments doit permettre de mieux comprendre les éventuels décalages entre l’exécution budgétaire et la trésorerie, mais aussi d’évaluer la capacité de l’État à honorer ses engagements dans les délais.

Le financement de la décentralisation sous surveillance

Au cours des échanges, la question du financement effectif de la décentralisation a également retenu l’attention des sénateurs. La capacité des collectivités territoriales à exercer leurs compétences dépend en partie de la disponibilité et de la régularité des ressources qui leur sont transférées.

Dans ce contexte, l’examen de la gestion budgétaire de 2025 doit aussi permettre d’apprécier la place accordée aux collectivités dans l’exécution des dépenses publiques. Au-delà des principes affichés, l’enjeu porte sur les moyens réellement mobilisés pour accompagner les missions des administrations locales.

La question s’inscrit dans un débat plus large sur l’efficacité de la dépense publique et sur la capacité des ressources budgétaires à répondre aux besoins des territoires et des populations.

Un examen décisif pour la redevabilité financière

La poursuite des travaux avec les ministres sectoriels doit permettre d’approfondir les interrogations soulevées et d’évaluer plus précisément les résultats de la gestion 2025.

Pour le Parlement, l’enjeu ne se limite pas à constater les taux d’exécution. Il consiste également à vérifier dans quelle mesure les crédits votés ont soutenu les politiques publiques, financé les actions annoncées et permis à l’État de respecter ses engagements.

La loi de règlement constitue ainsi un instrument central de contrôle et de redevabilité. La clarification des arriérés, la traçabilité des dépenses et l’explication des écarts entre prévisions et réalisations seront essentielles pour tirer les enseignements de l’exercice écoulé et améliorer la préparation des prochains budgets.

Au terme de cet examen, la qualité de la gestion budgétaire sera appréciée autant à travers les résultats comptables que par la capacité de l’État à assurer une utilisation transparente, efficace et vérifiable des ressources publiques.

Marc.M

Juriste de formation, j’ai découvert la communication par curiosité, avant d’en faire une véritable passion. Depuis 2025, je m’investis au sein d’Actu241, notamment dans la rédaction d’articles consacrés à l’économie, à la société, au sport et à la culture. « Informer, c’est donner du sens aux faits et une voix aux réalités. »

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