Économie

Lutte contre le blanchiment : sept pays d’Afrique centrale formés aux enquêtes sur les cryptomonnaies

La lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) passe désormais aussi par la maîtrise des transactions en cryptomonnaies et des activités sur le darknet. À Libreville, une formation régionale consacrée à ces nouveaux défis s’est achevée le mardi 27 octobre 2026, après six journées de travaux destinées à renforcer les capacités des enquêteurs d’Afrique centrale francophone.

Organisée dans le cadre du programme SECFIN Africa, cette session a réuni des délégations de sept pays : le Gabon, le Cameroun, le Tchad, la République centrafricaine, le Congo, la Guinée équatoriale et la République démocratique du Congo (RDC). L’objectif était de doter les participants de compétences techniques adaptées à l’évolution des circuits financiers illicites et aux nouvelles méthodes employées par les réseaux criminels.

Les cryptomonnaies au cœur des nouvelles méthodes d’enquête

Durant les six jours de formation, les participants ont notamment travaillé sur le traçage des flux financiers circulant sur les blockchains publiques, l’analyse du fonctionnement des marchés du darknet et le traitement de cas pratiques d’enquête patrimoniale.

Les travaux ont également porté sur la formulation des demandes de coopération internationale et les procédures de saisie des avoirs numériques.

Ces compétences sont devenues particulièrement importantes pour les services d’investigation financière, confrontés à des opérations parfois complexes à retracer en raison de la multiplication des outils numériques et de la dimension transfrontalière des transactions.

L’enjeu consiste notamment à mieux identifier les mouvements de fonds suspects, à remonter les circuits financiers et à faciliter la coopération entre les autorités compétentes des différents pays.

L’ANIF du Gabon salue l’expertise des formateurs

À la cérémonie de clôture, le directeur général de l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF) du Gabon, Guennolet Boumas Ngabina, a salué la contribution des experts formateurs, Aurélien Vuilleumier et Olivier Beaudet-Labrecque.

Il a également remercié le programme SECFIN Africa et ses partenaires pour l’organisation de cette session, soulignant la capacité des formateurs à rendre accessibles des techniques réputées complexes.

Le responsable a par ailleurs salué l’appui logistique et technique de l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (ANINF), ainsi que l’implication des équipes de l’ANIF dans la préparation et le déroulement des travaux.

Un enjeu de sécurité financière à l’échelle régionale

Représentant le directeur général de l’ANINF, Alberto Wenceslas Mounguengui Moudoki, le directeur des Fréquences et de l’Audiovisuel, Jean-Marcel Mamfoumbi Ocloo, a souligné la portée stratégique de cette initiative pour la sécurité financière et numérique dans la sous-région.

Il a présenté cette formation comme un investissement collectif dans la sécurité et la résilience de l’espace communautaire, au-delà de la seule acquisition de connaissances techniques.

Cette dimension régionale est essentielle : les flux financiers illicites peuvent traverser plusieurs juridictions, ce qui rend nécessaire une meilleure coordination entre les services d’enquête et les cellules de renseignement financier.

S’exprimant au nom des participants, le directeur général de l’ANIF de la République centrafricaine, Gatien Giscard Mangou, a souhaité l’organisation d’une nouvelle session afin de consolider les acquis et d’approfondir la maîtrise des outils et techniques abordés.

La cérémonie s’est achevée par la remise des certificats de participation, en présence de représentants d’institutions nationales et sous-régionales, notamment de la CEMAC, de la COBAC et de la COSUMAF.

Au terme de cette session, le défi sera de traduire les compétences acquises en capacités opérationnelles durables, afin de mieux détecter les flux financiers suspects et de renforcer la coopération contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme en Afrique centrale.

Marc.M

Juriste de formation, j’ai découvert la communication par curiosité, avant d’en faire une véritable passion. Depuis 2025, je m’investis au sein d’Actu241, notamment dans la rédaction d’articles consacrés à l’économie, à la société, au sport et à la culture. « Informer, c’est donner du sens aux faits et une voix aux réalités. »

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