Société

« Les églises là vont me sentir » : Edgar Moukoumbi annonce la couleur face aux nuisances sonores

À peine installé au ministère de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation, chargé des Cultes, Edgar Moukoumbi attire déjà l’attention. Une phrase lâchée lors de sa passation de charges aux Travaux publics relance le débat sur les nuisances sonores imputées à certaines églises au Gabon.

« Les églises là vont me sentir ». La formule est courte, directe et lourde de sous-entendus. Le 15 octobre 2026, lors de la passation de charges avec son successeur aux Travaux publics, Lambert Mouvinde Millot, Edgar Moukoumbi a prononcé ces mots sur un ton apparemment détendu. Une séquence qui n’a pas tardé à susciter des réactions, alors que l’ancien ministre vient de prendre les commandes d’un département stratégique, désormais également chargé des Cultes.

Nommé le 11 octobre dernier par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, Edgar Moukoumbi quitte ainsi les Travaux publics pour un portefeuille au cœur des questions de sécurité, d’ordre public et de décentralisation. Et sa déclaration laisse entrevoir un sujet qui pourrait retenir l’attention de son ministère : les nuisances sonores liées aux activités de certains lieux de culte.

Les « fausses églises » dans le viseur ?

Dans plusieurs quartiers du Gabon, les nuisances sonores constituent une source de tensions entre les responsables de certains établissements et les populations riveraines. Prières amplifiées par des haut-parleurs, cultes prolongés jusque tard dans la nuit et sonorisations à répétition sont régulièrement au centre des préoccupations des habitants qui réclament davantage de tranquillité.

C’est dans ce contexte que la phrase du nouveau ministre prend une résonance particulière. Edgar Moukoumbi compte-t-il s’attaquer aux établissements religieux qui ne respecteraient pas les règles en vigueur ? Les structures parfois qualifiées de « fausses églises » dans le débat public feront-elles l’objet de contrôles plus stricts ?

Pour l’heure, aucune mesure officielle n’a été annoncée sur la base de cette déclaration. Il serait donc prématuré d’y voir le lancement d’une campagne contre les lieux de culte. Mais la formule relance une question qui dépasse le seul cadre religieux : jusqu’où les autorités iront-elles pour faire respecter la tranquillité publique ?

Un ministre attendu sur le terrain

Aux Travaux publics, Edgar Moukoumbi s’était distingué par son style direct et ses interventions sur le terrain, notamment face à certaines occupations du domaine public. Le surnom de « bousilleur en chef », repris par ses collaborateurs lors de son départ, illustre cette image d’un responsable réputé pour sa fermeté.

À l’Intérieur, cette réputation pourrait désormais être mise à l’épreuve sur d’autres fronts. Le nouveau ministre devra notamment veiller au maintien de l’ordre public, en coordination avec les services compétents et les collectivités locales. La gestion des nuisances sonores exigera cependant davantage que des déclarations : elle supposera des contrôles, des procédures claires et des sanctions proportionnées lorsque des infractions sont établies.

L’enjeu sera également de garantir l’égalité de traitement entre les différents établissements concernés. Les lieux de culte ne sauraient être dispensés du respect des règles applicables, mais la liberté de religion doit elle aussi être préservée.

Des paroles aux actes

La sortie d’Edgar Moukoumbi a de quoi alimenter les conversations. Mais au-delà de la formule « les églises là vont me sentir », les populations attendent surtout des réponses concrètes aux nuisances qui perturbent leur quotidien.

Le ministre fera-t-il de cette question une priorité de son action ? Des opérations de contrôle seront-elles organisées contre les établissements qui troublent la tranquillité des riverains ? À ce stade, ces questions restent ouvertes.

Une chose est certaine : après avoir quitté les Travaux publics avec une réputation d’homme de terrain, Edgar Moukoumbi entre dans un ministère où ses paroles seront scrutées et ses décisions attendues. Désormais, ce ne sont plus seulement les déclarations qui compteront, mais les résultats sur le terrain.

Marc.M

Juriste de formation, j’ai découvert la communication par curiosité, avant d’en faire une véritable passion. Depuis 2025, je m’investis au sein d’Actu241, notamment dans la rédaction d’articles consacrés à l’économie, à la société, au sport et à la culture. « Informer, c’est donner du sens aux faits et une voix aux réalités. »

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