Gabon : le départ d’Oil India pourrait rapporter 5,6 milliards FCFA à l’État
Le départ des deux compagnies publiques indiennes du bloc Shakthi-II n’est pas sans conséquence financière. En mettant fin à leur participation alors que certains engagements d’exploration n’ont pas été menés à terme, Oil India et Indian Oil Corporation sont redevables d’une pénalité de 10 millions de dollars, soit près de 5,6 milliards de FCFA.
Derrière l’annonce du retrait se joue donc une autre question : celle du règlement des obligations laissées en suspens.
Un permis exploité à deux
Attribué dans le cadre d’un contrat de partage de production signé en janvier 2014 avec l’administration gabonaise des hydrocarbures, Shakthi-II était détenu à parts égales par Oil India et Indian Oil Corporation.
Les deux groupes ont poursuivi l’exploration du bloc au cours d’une deuxième période entamée en avril 2017. Celle-ci avait été prolongée jusqu’au 15 avril 2025 afin de permettre la poursuite du programme de travaux.
Parmi les opérations prévues figuraient notamment de nouveaux forages. Or, certains engagements n’ont pas été réalisés avant la fin de la période contractuelle.
Une sortie qui a un coût
La restitution du permis ne dispense pas les partenaires de leurs obligations. Le mécanisme prévu par la réglementation pétrolière gabonaise permet en effet à l’État de réclamer une compensation lorsque des travaux auxquels une compagnie s’était engagée n’ont pas été exécutés.
Pour Shakthi-II, cette compensation a été fixée à 10 millions de dollars.
La répartition suit la participation des deux sociétés dans le bloc : chacune supporte donc 5 millions de dollars, correspondant à sa quote-part de 50 %.
L’État attend désormais le règlement
Si le montant de la pénalité est identifié, une inconnue demeure toutefois : son encaissement effectif par l’État gabonais.
Les éléments publics disponibles ne permettent pas, à ce stade, de confirmer que les 10 millions de dollars ont déjà été entièrement versés aux caisses publiques. Le suivi de cette opération permettra donc de déterminer à quel moment cette recette sera effectivement comptabilisée par l’État.
Pour le Gabon, le dossier Shakthi-II ne s’arrête ainsi pas avec le départ des partenaires indiens. Il reste à transformer l’obligation contractuelle de 10 millions de dollars en recette effectivement encaissée.



