
L’artiste gabonaise Annie-Flore Batchiellilys prépare une tournée nationale consacrée au dialogue et à la prévention des conflits en milieu scolaire. Baptisé « Mu Tsanu », le projet doit démarrer le 15 novembre et ambitionne de toucher 640 établissements ainsi qu’environ 6 400 participants.
Après la scène, Annie-Flore Batchiellilys veut investir un autre terrain : celui de l’éducation et des relations humaines. Avec « Mu Tsanu », qui signifie « la relation » en langue ipunu, l’artiste entend sensibiliser les communautés scolaires à l’importance de l’écoute, de la communication et du règlement pacifique des différends.
Le programme prévoit des rencontres avec les élèves, les enseignants, les personnels éducatifs et les associations de parents d’élèves. Les échanges porteront notamment sur les mécanismes permettant de mieux communiquer, de prévenir les tensions et de restaurer le dialogue lorsqu’un conflit survient.
Une initiative à la croisée de l’art et de la médiation
Pour porter ce projet, l’artiste s’appuie sur deux expériences désormais complémentaires. D’un côté, la musique, qu’elle pratique depuis plusieurs décennies et qu’elle considère comme un vecteur de transmission. De l’autre, la médiation professionnelle, domaine dans lequel elle s’est formée afin de mieux accompagner la résolution des conflits.
L’objectif de « Mu Tsanu » est ainsi de proposer aux établissements scolaires des espaces où la parole, l’écoute et la compréhension mutuelle peuvent contribuer à apaiser les relations. Une approche qui entend agir en amont des conflits plutôt que d’attendre qu’ils s’installent.
Après Mighoma, un nouveau projet de transmission
Cette nouvelle initiative prolonge également l’engagement d’Annie-Flore Batchiellilys en faveur de la transmission culturelle et du rapprochement entre les générations.
En janvier 2025, l’artiste avait lancé le Centre culturel Mighoma à Akanda. Le projet avait notamment pour ambition de valoriser les langues et pratiques culturelles gabonaises à travers des activités liées aux contes, aux danses, aux instruments traditionnels et aux jeux.
L’expérience aura toutefois été de courte durée. Quelques mois après son ouverture, le centre a cessé ses activités, l’artiste faisant état de difficultés financières et de charges de fonctionnement devenues difficiles à supporter.
640 établissements ciblés
Avec « Mu Tsanu », Annie-Flore Batchiellilys change donc de format, mais conserve une même ligne directrice : utiliser son parcours artistique et son expérience de médiatrice pour agir sur le lien social.
Le dispositif annoncé doit parcourir plusieurs localités du pays à partir du 15 novembre. À travers les 640 établissements ciblés, l’initiative ambitionne de sensibiliser quelque 6 400 personnes aux enjeux de la communication et de la gestion des relations.
Au-delà des ateliers, le projet pose une question plus large : comment faire de l’école un espace où le dialogue s’apprend et se pratique au quotidien ? Pour Annie-Flore Batchiellililys, la réponse passe notamment par la capacité à écouter l’autre avant que les désaccords ne se transforment en conflits.



