Société

Franceville : que se passe-t-il au CIRMF après deux décès qui interpellent ?

Deux employés du Centre international de recherches médicales de Franceville (CIRMF) ont été retrouvés morts à quelques mois d’intervalle. Entre la disparition de Léance Djaba, chauffeur de l’institution, et le décès de Graciella Mamboundou Maroga, gestionnaire de santé âgée de 33 ans, cette succession de drames soulève des interrogations sur le climat au sein de cette structure scientifique de référence. Les enquêtes en cours devront établir les circonstances précises de ces décès.

Le CIRMF, institution reconnue pour ses activités de recherche médicale au Gabon, se retrouve au cœur d’une actualité particulièrement troublante. En l’espace de quelques mois, deux membres de son personnel ont perdu la vie dans des circonstances qui, selon les premières informations relayées par la presse, seraient liées à des suicides présumés.

Le premier cas rapporté est celui de Graciella Mamboundou Maroga, retrouvée morte à son domicile familial, dans le quartier Hibiscus à Franceville, le 18 juin 2026. D’après les informations publiées par plusieurs médias, une lettre aurait été retrouvée après son décès. Le contenu de ce document n’ayant pas été officiellement rendu public, les éléments qu’il contiendrait doivent encore être établis dans le cadre de l’enquête.

Plus récemment, Léance Djaba, chauffeur au sein du CIRMF, porté disparu depuis le 7 octobre, a été retrouvé mort le mardi 13 octobre dans une zone boisée du quartier La-Caisse, à proximité de son lieu de travail. Les premières informations évoquent une pendaison. Une enquête a été ouverte afin de déterminer les circonstances de sa mort et les éventuelles motivations du défunt.

Des interrogations autour du climat professionnel

La répétition de ces drames au sein d’une même institution suscite naturellement des questions. Les conditions de travail, les relations hiérarchiques, la santé psychosociale des employés et les dispositifs internes d’écoute sont autant de sujets qui pourraient mériter un examen attentif, sans pour autant présumer qu’ils sont à l’origine des décès.

Dans le dossier de Graciella Mamboundou Maroga, des informations de presse font état de difficultés professionnelles qu’elle aurait évoquées dans un écrit laissé avant sa mort. Trois responsables du CIRMF auraient également été placés en garde à vue dans le cadre des investigations. Ces mesures ne constituent toutefois pas une preuve de responsabilité : il appartient à la justice de vérifier les faits et de déterminer si des infractions ont été commises.

À ce stade, aucun élément public ne permet d’affirmer que les deux décès sont liés, ni qu’ils résultent d’un même problème au sein de l’établissement. Toute conclusion définitive serait donc prématurée.

La nécessité de faire toute la lumière

Au-delà de l’émotion provoquée à Franceville, ces événements posent une question essentielle : les facteurs ayant précédé chacun de ces décès pourront-ils être clairement établis ?

Les enquêtes judiciaires devront apporter des réponses sur les circonstances des deux drames. En parallèle, une clarification institutionnelle sur les mesures de prévention, d’accompagnement psychologique et de signalement des difficultés professionnelles pourrait contribuer à répondre aux préoccupations du personnel et de l’opinion publique.

Le silence de la direction, signalé dans les informations disponibles concernant le premier dossier, entretient les interrogations. Une communication factuelle, respectueuse de la vie privée des personnes concernées et du secret de l’enquête, permettrait de distinguer les faits établis des spéculations.

Pour l’heure, une question demeure : s’agit-il de deux drames distincts ou les investigations mettront-elles au jour des éléments communs ? Seules les conclusions des enquêtes permettront de le déterminer. En attendant, la prudence s’impose, tant par respect pour les familles endeuillées que pour les personnes concernées par les procédures en cours.

Marc.M

Juriste de formation, j’ai découvert la communication par curiosité, avant d’en faire une véritable passion. Depuis 2025, je m’investis au sein d’Actu241, notamment dans la rédaction d’articles consacrés à l’économie, à la société, au sport et à la culture. « Informer, c’est donner du sens aux faits et une voix aux réalités. »

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