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Kenya : le chef d’une secte reconnu coupable du meurtre de 191 personnes, dont 190 enfants

L’affaire de la forêt de Shakahola connaît un nouveau tournant judiciaire. Paul Mackenzie, prédicateur kényan à l’origine d’une secte apocalyptique, a été reconnu coupable du meurtre de 191 personnes, selon les informations rapportées par la BBC. Vingt-neuf autres responsables du mouvement ont également été reconnus coupables dans cette affaire marquée par la mort de nombreux enfants.

Au cœur de ce drame, une doctrine religieuse extrême qui aurait conduit des fidèles à se laisser mourir de faim dans l’espoir de rencontrer Jésus. Selon les éléments présentés au tribunal, Mackenzie prônait notamment le rejet de l’éducation et de la médecine moderne, considérées comme incompatibles avec ses enseignements.

Lors de la lecture du jugement, qui a duré huit heures, la juge Diana Mochache a souligné l’emprise exercée par le prédicateur sur ses disciples, qui le considéraient comme un porte-parole de Jésus. Un témoignage évoqué au procès rapporte également que les personnes refusant de jeûner auraient été contraintes par la violence.

Les pratiques funéraires du groupe témoignaient, elles aussi, de cette dérive. Selon la juge, les enterrements dans la forêt étaient désignés comme des « mariages », la mort étant présentée aux fidèles comme une union avec Jésus.

Plus de 400 corps découverts dans la forêt

L’affaire a éclaté en 2023, après la découverte de centaines de corps dans des fosses peu profondes de la forêt de Shakahola, près de la côte kényane. Au total, plus de 400 dépouilles ont été exhumées, faisant de cette affaire l’un des drames liés à une secte les plus marquants de l’histoire récente du Kenya.

Des témoignages recueillis par la BBC décrivent des scènes particulièrement éprouvantes. Des fossoyeurs chargés de déterrer les corps ont raconté avoir découvert des fosses communes contenant plusieurs victimes, dont des nourrissons et de jeunes enfants. Certains corps présentaient des signes laissant penser que les victimes avaient été ligotées avant leur mort.

Les conséquences humaines restent également visibles chez les familles des disparus. Stephen Mwiti, un père de famille interrogé par la BBC, affirme avoir perdu ses six enfants dans cette tragédie. Il n’a pu récupérer et enterrer que les restes de l’un d’entre eux.

Une influence construite sur plusieurs années

Paul Mackenzie avait fondé Good News International Ministries en 2003. Son mouvement avait progressivement attiré des fidèles dans plusieurs régions du Kenya, notamment grâce à une chaîne de télévision qui diffusait ses prédications depuis Malindi.

Ses sermons consacrés à la fin des temps véhiculaient des discours hostiles à l’éducation, aux soins médicaux et à certaines technologies numériques, que le prédicateur associait à des forces maléfiques.

Les vingt-neuf autres responsables condamnés avec lui avaient, comme Mackenzie, plaidé non coupables et contesté l’idée que des personnes aient été forcées à mourir.

Cette condamnation pour meurtre constitue une étape majeure dans une procédure judiciaire qui comprend également d’autres poursuites visant le prédicateur et certains membres de son entourage, notamment pour terrorisme, radicalisation et privation d’éducation des enfants.

Le verdict sur les accusations de meurtre a été annoncé, mais la peine devait encore être prononcée le 6 novembre, selon les informations rapportées dans le récit fourni.

Marc.M

Juriste de formation, j’ai découvert la communication par curiosité, avant d’en faire une véritable passion. Depuis 2025, je m’investis au sein d’Actu241, notamment dans la rédaction d’articles consacrés à l’économie, à la société, au sport et à la culture. « Informer, c’est donner du sens aux faits et une voix aux réalités. »

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