Retraite à vie pour 5 ans de mandat : Ntoutoume Ayi met ses collègues parlementaires face à leurs privilèges
Et si les parlementaires devaient eux aussi renoncer aux régimes spéciaux de retraite ? C’est le débat relancé par Jean Gaspard Ntoutoume Ayi. Le député d’Akanda plaide pour une remise à plat du système et remet directement en question le principe d’une pension liée à un mandat politique de cinq ans.
Le 19 septembre, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a choisi de s’attaquer à un sujet sensible : les régimes spéciaux de retraite. Dans sa prise de parole, le député s’est notamment prononcé pour leur suppression, y compris lorsqu’ils concernent les parlementaires.
Son argument tient en une question d’équité. Pour lui, un mandat de cinq ans ne devrait pas, à lui seul, permettre de bénéficier d’une pension à vie.
« Tu es député pendant 5 ans, ce n’est pas justifié que tu touches une pension de retraite à vie. »
Derrière cette déclaration, c’est le principe même des avantages spécifiques accordés à certaines catégories qui se retrouve au cœur du débat.

L’ancien cadre de la CNSS met les cotisations au centre
L’intervention du député prend également une dimension particulière en raison de son expérience professionnelle. Ancien cadre de la CNSS au début des années 2000, il affirme avoir été confronté à des situations où certains responsables disposant de revenus élevés limitaient leurs cotisations.
Il raconte notamment avoir alerté des dirigeants d’entreprises publiques sur les conséquences de cotisations plafonnées malgré des rémunérations importantes. Selon son témoignage, certains estimaient pouvoir compter sur leurs revenus immobiliers une fois à la retraite.
Pour Ntoutoume Ayi, cette question du niveau de cotisation est directement liée au niveau des pensions.
« Si on veut que votre retraite augmente, on doit augmenter le taux de cotisation de ceux qui travaillent aujourd’hui », soutient-il.
Plus qu’une question de privilèges, un problème de financement
Le débat ne porte donc pas uniquement sur les pensions des parlementaires. Il renvoie à une question plus large : comment financer durablement les retraites au Gabon ?
Le député défend une logique dans laquelle les prestations doivent être soutenues par les contributions des actifs. Mais cette piste n’est pas la seule envisageable : une réforme pourrait également porter sur l’élargissement de l’assiette des cotisations, le recouvrement des cotisations dues ou encore les paramètres d’accès aux prestations.
La question est d’autant plus sensible que toute modification du système touche directement plusieurs générations : les retraités actuels, les actifs qui financent le système et les travailleurs qui deviendront eux-mêmes retraités demain.
Le débat est désormais lancé
En visant explicitement les régimes spéciaux, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi place les avantages des responsables publics au cœur de la discussion.
Reste maintenant à savoir si cette prise de position débouchera sur une réflexion plus large au sein du Parlement et des institutions chargées de la protection sociale.
Car derrière la formule choc sur la pension des députés se trouve une question beaucoup plus vaste : le Gabon peut-il durablement maintenir plusieurs niveaux de retraite ou doit-il tendre vers un système davantage harmonisé et contributif ?
La réponse nécessitera des données précises sur les régimes existants, leur financement et leurs bénéficiaires. Mais une chose est certaine : la question des retraites vient de s’inviter au cœur du débat sur l’équité entre les Gabonais.



