SEEG : -19,7 % d’électricité et -4,7 % d’eau en six mois
Eau et électricité : le Gabon face à une chute préoccupante de la production
Le deuxième trimestre 2026 n’a pas permis d’inverser la tendance. Derrière quelques signes de stabilisation, les chiffres du premier semestre révèlent une dégradation persistante de la production d’eau et d’électricité, faisant planer de nouvelles inquiétudes sur les capacités de la SEEG.
La dernière note de conjoncture de la Direction générale de l’Économie et de la Politique fiscale met en évidence une situation particulièrement contrastée. Si certains indicateurs donnent l’impression d’un ralentissement de la baisse, le bilan cumulé depuis janvier reste préoccupant.
Électricité : une chute de près de 20 % en six mois
Le chiffre du deuxième trimestre pourrait, à première vue, sembler rassurant. La production d’électricité n’a reculé que de 0,1 % sur la période.
Mais cette quasi-stabilité intervient après un premier trimestre marqué par une chute de 13,1 %. Elle ne suffit donc pas à effacer la dégradation enregistrée depuis plusieurs mois, alors que la production avait déjà diminué de 8,4 % au dernier trimestre 2025.
Sur les six premiers mois de 2026, le recul atteint ainsi 19,7 % par rapport à la même période de l’année précédente.
Une baisse de cette ampleur dépasse largement le seul cadre de la fourniture d’électricité. Elle affecte directement les entreprises, les ménages et, plus largement, le fonctionnement de l’économie nationale.
L’eau potable reste dans le rouge
La production d’eau potable ne montre pas davantage de signe durable de redressement.
Au deuxième trimestre, l’indice de production a encore diminué de 1,6 %, confirmant une tendance désormais installée dans le temps.
Il s’agit de la quatrième contraction trimestrielle consécutive. Depuis le léger rebond enregistré au deuxième trimestre 2025, avec une progression limitée à 0,2 %, la production s’inscrit dans une trajectoire descendante.
Le premier semestre 2026 se termine ainsi sur une baisse cumulée de 4,7 %.
La SEEG confrontée à des difficultés structurelles
Au-delà des variations trimestrielles, ces résultats traduisent surtout les difficultés auxquelles reste confronté l’outil de production.
Vieillissement des équipements, contraintes liées aux ressources hydrologiques et conséquences des perturbations du réseau électrique se conjuguent pour compliquer davantage la situation.
Cette accumulation de contraintes entretient un cercle difficile à briser : les interruptions d’électricité peuvent perturber la production d’eau, tandis que les limites des infrastructures réduisent à leur tour la capacité du réseau à répondre à la demande.
À ce stade, les mesures ponctuelles d’exploitation ne semblent plus suffisantes pour inverser durablement la courbe. Le secteur de l’eau et de l’électricité apparaît désormais confronté à un défi structurel qui appelle des réponses de fond.



