Fatima Zahra El Mansouri devient la première femme Première ministre du Maroc

Le Maroc franchit une étape historique avec la nomination de Fatima Zahra El Mansouri à la tête du gouvernement. Figure majeure de la scène politique marocaine, elle devient ainsi la première femme à occuper le poste de Première ministre du royaume.
Cette nomination intervient après les élections législatives, à l’issue desquelles le parti Authenticité et Modernité (PAM)est arrivé en tête en nombre de sièges. Conformément aux prérogatives constitutionnelles du souverain, le roi Mohammed VI a choisi Fatima Zahra El Mansouri pour former le prochain gouvernement.
Âgée de 50 ans, El Mansouri possède une longue expérience politique. Elle a notamment dirigé la ville de Marrakech en tant que maire pendant plusieurs années et occupé un poste ministériel au sein du précédent gouvernement de coalition. Son parcours fait d’elle l’une des personnalités féminines les plus connues de la politique marocaine.
Sa nomination revêt également une dimension régionale. Elle devient la deuxième femme à diriger un gouvernement dans le monde arabe, après la Tunisienne Najla Bouden, qui avait été nommée cheffe du gouvernement tunisien en 2021.
Une nomination dans un système dominé par la monarchie
Le Maroc est une monarchie constitutionnelle dans laquelle le roi conserve d’importantes prérogatives, notamment dans les domaines stratégique, religieux et sécuritaire. La nomination du chef du gouvernement intervient ainsi dans le cadre des pouvoirs constitutionnels du souverain.
Mohammed VI aurait également écarté, pour cette fonction, Fouzi Lekjaa, autre personnalité importante du PAM et président de la Fédération royale marocaine de football.
Une question sur la place des femmes dans les cérémonies religieuses
Lors d’une conférence de presse organisée après la victoire électorale de son parti, Fatima Zahra El Mansouri a été interrogée sur la question de la participation des femmes aux cérémonies religieuses auxquelles assiste le roi, notamment les prières du vendredi et de l’Aïd.
Dans ces cérémonies, les hommes et les femmes prient traditionnellement dans des espaces séparés. Interrogée sur d’éventuelles adaptations institutionnelles qui pourraient lui permettre d’y participer en tant que cheffe du gouvernement, El Mansouri n’a pas directement répondu à la question.

Elle a plutôt insisté sur le rôle du roi Mohammed VI dans la promotion de la condition féminine au Maroc, le décrivant comme « le plus grand défenseur des femmes » du pays.
« Sa Majesté est la sagesse incarnée… Si la responsabilité de chef du gouvernement m’est confiée, ce sera un grand honneur », aurait-elle déclaré.
Un symbole pour la politique marocaine
L’accession de Fatima Zahra El Mansouri à la tête du gouvernement constitue un moment inédit dans l’histoire politique du Maroc. Sa nomination intervient alors que la représentation des femmes dans les institutions politiques marocaines demeure au cœur des débats sur l’évolution de la société et de la vie publique.
Avec son expérience à Marrakech, son passage au gouvernement et désormais ses nouvelles responsabilités à la tête de l’exécutif, El Mansouri s’impose comme l’une des figures centrales de la nouvelle séquence politique marocaine.



