Environnement

Pollution plastique : le Gabon lance une plateforme nationale pour accélérer la riposte

Le Gabon renforce sa lutte contre la pollution plastique. Le ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat, chargé du Conflit Homme-Faune, Maurice Ntossui Allogo, a officiellement lancé mardi à Libreville la Plateforme nationale d’action contre les plastiques (NPAP Gabon). Un nouveau cadre destiné à fédérer les acteurs publics et privés autour d’une stratégie nationale de gestion des déchets plastiques.

Le gouvernement veut désormais passer à une approche plus coordonnée face à la prolifération des déchets plastiques. Lancée avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), la plateforme doit permettre de réunir les différentes parties prenantes et de définir une trajectoire commune pour réduire la pollution plastique dans le pays.

Pour Maurice Ntossui Allogo, l’ampleur du problème impose une mobilisation collective. « La pollution plastique n’épargne personne, et aucune administration, aucune entreprise, aucune entité ne pourra la surmonter seule », a-t-il souligné.

Cap sur 2030

Le ministre a rappelé les mesures déjà engagées par les autorités, notamment le renforcement du cadre réglementaire concernant les plastiques à usage unique, l’intensification des contrôles ainsi que le processus engagé autour de la fermeture de la décharge de Mindoubé.

Mais le gouvernement entend désormais aller plus loin. L’ambition affichée est de parvenir, à l’horizon 2030, à une meilleure conception, une collecte plus efficace et une valorisation accrue des déchets plastiques, tout en limitant leur impact sur les écosystèmes.

Le NPAP doit précisément servir de cadre pour structurer cette ambition.

Un dispositif qui veut réunir tous les acteurs

La plateforme associera les administrations publiques et les collectivités locales, mais également les entreprises, les acteurs du recyclage, la société civile, les entrepreneurs, les jeunes, les femmes, les chercheurs ainsi que les partenaires techniques et financiers.

Trois priorités ont été identifiées : rassembler les acteurs autour d’une stratégie commune, élaborer une feuille de route nationale et assurer une meilleure cohérence entre politiques publiques, industrie, recherche, innovation et financement.

L’objectif est également de faire de l’économie circulaire un levier de développement. La gestion et la valorisation des déchets plastiques pourraient ainsi contribuer à la création d’emplois, au développement de nouvelles activités économiques et à l’émergence d’innovations locales.

Le PNUD mise sur une mobilisation financière

Partenaire du dispositif, le PNUD entend jouer un rôle central dans la coordination des différentes parties prenantes.

La représentante résidente adjointe du PNUD Gabon, Soahangy Mamisoa Rangers, a rappelé que la pollution plastique constitue à la fois une menace environnementale et un enjeu de santé publique.

Elle a notamment insisté sur la nécessité d’intégrer les acteurs souvent moins visibles dans les politiques publiques, parmi lesquels les petits entrepreneurs, les jeunes, les récupérateurs et les pré-collecteurs informels.

Le PNUD entend également contribuer à faciliter la mobilisation des investissements nécessaires à la mise en œuvre de la future feuille de route.

Le Gabon, premier pays d’Afrique centrale engagé dans le partenariat mondial

Selon le PNUD, le Gabon est le premier pays d’Afrique centrale à rejoindre le Partenariat mondial d’action sur les plastiques, mis en place sous l’impulsion du Forum économique mondial.

Pour les partenaires internationaux associés au lancement, l’enjeu sera désormais de transformer les engagements en résultats mesurables.

En visioconférence, Margherita Pucino, experte des feuilles de route d’action sur le plastique au Forum économique mondial, a souligné que le partenariat permettra notamment de suivre les politiques publiques, les investissements et les progrès réalisés.

Le Royaume-Uni a également affiché son soutien à l’initiative. Evan McCarthy, conseiller britannique en climat et environnement pour l’Afrique centrale, a confirmé l’appui de son pays au développement du partenariat national gabonais.

Avec le lancement du NPAP, le Gabon veut ainsi franchir une nouvelle étape : passer d’actions dispersées à une stratégie nationale coordonnée, capable de réduire la pollution plastique tout en faisant émerger une véritable économie de la valorisation des déchets.

Marc.M

Juriste de formation, j’ai découvert la communication par curiosité, avant d’en faire une véritable passion. Depuis 2025, je m’investis au sein d’Actu241, notamment dans la rédaction d’articles consacrés à l’économie, à la société, au sport et à la culture. « Informer, c’est donner du sens aux faits et une voix aux réalités. »

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