Société

Prison de Nkoltang : un projet de près de 45 milliards de FCFA à l’étude avec Swiss Invest

Le projet de construction de la future prison de Nkoltang franchit une nouvelle étape avec la visite du site retenu pour accueillir cette infrastructure. Le mardi 13 octobre 2026, le ministre de la Justice, Augustin Emane, s’est rendu dans la zone de la Plaine Ayémé, à Ntoum, en compagnie de responsables de l’administration pénitentiaire et de représentants de Swiss Invest, présentés comme des partenaires potentiels du projet.

Cette descente sur le terrain intervient au lendemain d’une présentation technique destinée aux investisseurs. L’objectif était de leur permettre d’évaluer l’emplacement proposé et d’apprécier les conditions de réalisation de cette future maison d’arrêt, dont le coût est estimé à moins de 45 milliards de FCFA.

Le site couvre environ 12 hectares et doit accueillir un établissement d’une capacité prévisionnelle de 1 180 détenus. Le projet est présenté par les autorités comme une réponse aux difficultés du système pénitentiaire, notamment la surpopulation carcérale.

Un financement encore en discussion

Aux côtés du ministre figuraient notamment le commandant en chef de la Sécurité pénitentiaire, le général de corps d’armée Jean-Germain Effayong-Onong, ainsi que Franck Yann Koubdjé, haut représentant du chef de l’État chargé du suivi du projet.

Augustin Emane a rappelé que la construction d’une prison sur ce site était envisagée depuis plusieurs années, sans avoir pu aboutir. Il a exprimé l’espoir que la mobilisation actuelle des différents acteurs permette cette fois de concrétiser le projet.

Si les échanges avec les partenaires potentiels se poursuivent, les modalités de financement ne sont toutefois pas encore arrêtées. Le ministre a précisé que les discussions portent notamment sur les aspects techniques, tandis que les décisions financières relèvent d’autres instances. La visite devait ainsi permettre aux représentants de Swiss Invest de mieux apprécier les conditions du projet avant la poursuite des négociations.

Cette initiative fait suite aux instructions du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, selon le ministre.

Une infrastructure conçue pour plusieurs catégories de détenus

Sur le plan architectural, le projet prévoit huit blocs à plusieurs niveaux, avec des espaces distincts pour les femmes, les mineurs, les prévenus, les condamnés et les détenus de droit commun.

L’établissement devrait également comprendre des bâtiments administratifs, des logements d’astreinte, une structure sanitaire, une bibliothèque, des installations sportives, un espace de prière et des ateliers destinés à soutenir les activités de réinsertion.

Le dispositif de sécurité prévoit des casernes permettant de maintenir quotidiennement 200 agents en alerte pour assurer la surveillance du site.

Milos Kobza, architecte chez Karlinblok et partenaire de Swiss Invest, a souligné l’importance des travaux à réaliser, tout en exprimant sa confiance dans la capacité des équipes à mener le chantier à bien. Il a également indiqué que les populations autochtones devraient pouvoir bénéficier des retombées économiques du projet, notamment à travers les activités générées localement.

Désengorger les prisons et préparer la réinsertion

Au-delà de la création de nouvelles places de détention, les autorités entendent poursuivre les mesures destinées à réduire la pression sur les établissements existants. Le ministère de la Justice évoque notamment le recours aux travaux d’intérêt général et au bracelet électronique comme alternatives à l’incarcération dans les situations où elles sont applicables.

La future prison de Nkoltang s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur les conditions de détention, la sécurité pénitentiaire et la réinsertion des personnes condamnées.

Pour l’heure, le projet reste tributaire de la poursuite des discussions techniques et de la clarification de son financement. La visite du site constitue une étape préparatoire, mais la concrétisation du chantier dépendra des décisions à venir et de la capacité des partenaires à réunir les conditions nécessaires à sa réalisation.

Marc.M

Juriste de formation, j’ai découvert la communication par curiosité, avant d’en faire une véritable passion. Depuis 2025, je m’investis au sein d’Actu241, notamment dans la rédaction d’articles consacrés à l’économie, à la société, au sport et à la culture. « Informer, c’est donner du sens aux faits et une voix aux réalités. »

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