Poulet de chair : le Gabon face à un choix stratégique
Le Gabon approche d’un tournant pour sa filière avicole. À compter du 1er janvier 2027, le pays prévoit d’interdire les importations de poulet de chair afin de favoriser la production locale. Mais à trois mois de l’échéance, la mesure fait l’objet d’une contestation américaine auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Réuni le 18 septembre 2026 à Port-Gentil, le Conseil des ministres a pris acte de cette démarche et demandé au gouvernement de préparer une stratégie permettant de défendre les intérêts économiques du Gabon tout en évitant un contentieux commercial. Libreville entend notamment s’appuyer sur les mécanismes prévus par les accords de l’OMC et sur la voie diplomatique.
Une filière encore fragile
L’enjeu dépasse toutefois le seul différend avec Washington. Selon les données relayées par la presse gabonaise, environ 95 % de la consommation nationale de volaille serait encore couverte par les importations, pour près de 100 000 tonnes par an. La production locale ne représenterait qu’environ 5 % des besoins.

Pour réduire cette dépendance, l’État mise sur l’accompagnement des éleveurs, le développement du maïs et du soja destinés à l’alimentation animale et de nouveaux investissements. Mais la montée en puissance de la filière nécessite du temps. Une interdiction appliquée trop rapidement pourrait donc entraîner une baisse de l’offre ou une hausse des prix si les producteurs locaux ne parviennent pas à répondre à la demande.
Le calendrier sous pression
Sur le plan commercial, les détails de la démarche américaine restent encore peu documentés publiquement. Une contestation devant l’OMC ne signifie pas une condamnation : le Gabon dispose encore de la possibilité de défendre sa politique et de négocier avec ses partenaires.
D’ici janvier, le gouvernement devra ainsi arbitrer entre plusieurs impératifs : protéger les producteurs nationaux, garantir l’approvisionnement des consommateurs et respecter ses engagements commerciaux. Le dossier du poulet devient ainsi un test concret de la stratégie de souveraineté alimentaire du Gabon.



