Port-Gentil :Un boulanger transforme le manioc gabonais en baguettes à 300 FCFA

Port-Gentil — Après 25 années consacrées à la boulangerie, Guy Roger Meyo veut désormais faire du pain un produit davantage ancré dans les ressources agricoles gabonaises. Installé à Port-Gentil, l’artisan expérimente des recettes à base de manioc, de maïs ou encore de patate douce, avec l’ambition de réduire la dépendance à la farine de blé importée, rapporte l’Agence Gabonaise de Presse (AGP).
Du blé importé aux farines locales
L’idée n’est pas née récemment. Depuis environ cinq ans, le boulanger cherche des alternatives au blé, confronté aux difficultés récurrentes d’approvisionnement. Ses premières expériences, réalisées de manière artisanale, l’ont progressivement conduit à mettre au point une baguette à base de farine de manioc.
Le produit, fabriqué avec du manioc provenant de Lambaréné, est commercialisé à 300 FCFA. Sa préparation demande toutefois davantage de temps et de technicité qu’un pain classique, avec près de trois heures consacrées au façonnage et à la cuisson.
Des recettes qui sortent de l’ordinaire
Guy Roger Meyo ne compte pas s’arrêter à cette première expérience. Son projet prévoit de tester de nouvelles associations de produits du terroir, notamment les feuilles de manioc, l’arachide, les crevettes séchées ou encore la sardine fumée.
Des séances de dégustation doivent permettre de présenter ces différentes créations et de recueillir les réactions des consommateurs.
De la production agricole à la boulangerie
Pour l’artisan, la transformation locale ne peut cependant pas se limiter à la fabrication du pain. Il souhaite progressivement construire une véritable chaîne d’approvisionnement avec les productrices agricoles de Lambaréné.
À terme, il envisage même de disposer de ses propres plantations afin de sécuriser l’approvisionnement de son activité. Une manière, selon lui, de relier directement l’agriculture à la transformation alimentaire.
Former la relève
Le parcours n’est pas exempt de difficultés. Les coupures d’électricité ont notamment perturbé certaines productions et fragilisé des collaborations. Malgré ces contraintes, l’activité poursuit son développement, avec notamment un partenariat établi avec un hôtel de Port-Gentil.
L’artisan associe également sa fille de 18 ans à son activité, dans une logique de transmission. Son ambition va plus loin : mettre en place des formations gratuites pour les jeunes intéressés par la boulangerie, la pâtisserie et la viennoiserie.
À travers cette initiative, Guy Roger Meyo entend ainsi démontrer que les produits agricoles gabonais peuvent trouver leur place dans des produits de consommation courante, tout en ouvrant de nouvelles perspectives aux jeunes qui souhaitent se lancer dans les métiers de la transformation.



