Électricité : la SEEG au cœur d’un méga-projet de centrale à gaz de plus d’un milliard de dollars

Le Gabon et la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) ont signé, le 8 septembre 2026, un protocole d’accord avec Aurion Capital Holdings, un groupe américain d’investissement, pour le développement du programme énergétique Panthera Power dans le Grand Libreville. Ce projet prévoit la mise en place d’infrastructures de production d’électricité au gaz naturel, pour une capacité comprise entre 150 et 450 mégawatts (MW). Le financement global attendu devrait dépasser un milliard de dollars.
Le protocole d’accord a été signé par Philippe Tonangoye, ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, au nom de l’État gabonais, Steeve Saurel Legnongo, directeur général de la SEEG, et Ali Diallo, fondateur et directeur général d’Aurion Capital Holdings.
Présenté comme un programme intégré, Panthera Power ne se limite pas à la construction d’une centrale électrique. Il comprend également les infrastructures nécessaires à l’approvisionnement en gaz, à son transport et à sa distribution. L’objectif affiché est de répondre à la hausse de la demande des ménages tout en fournissant une énergie compétitive aux industries locales, notamment celles engagées dans la transformation des matières premières.

Un financement privé annoncé, sans engagement financier de l’État
Selon les informations communiquées par le groupe, le programme sera développé et financé par Aurion Capital Holdings et ses partenaires, sans engagement financier de l’État gabonais. Le groupe entend piloter le développement du projet, structurer son financement, réunir un consortium industriel et financier et conduire les études de faisabilité ainsi que les évaluations techniques, environnementales et sociales.
L’étude de préfaisabilité a été confiée à Global Infrastructure Advisors (GIA), un cabinet indépendant basé à Londres et spécialisé dans le développement et le financement de projets d’infrastructures sur les marchés émergents. Son expérience comprend notamment la centrale électrique au gaz de 300 MW de West African Energy, au Sénégal.
La SEEG est, pour sa part, identifiée comme le futur acheteur potentiel de l’électricité produite. Elle doit également intervenir comme partenaire technique pour les questions relatives au réseau, à l’interconnexion, à l’évacuation de l’électricité et aux conditions d’exploitation.
Un comité de pilotage réunissant la SEEG et Aurion Capital Holdings supervisera les études. Leurs conclusions devront ensuite être soumises à l’approbation conjointe de l’État et de la SEEG, avant l’ouverture des négociations sur les accords définitifs. À ce stade, le protocole d’accord ne constitue donc pas encore une confirmation de la réalisation effective de l’ensemble du programme.
Un projet inscrit dans les ambitions énergétiques du Gabon
Panthera Power s’inscrit dans la perspective du Pacte national pour l’énergie, publié en juin 2026 dans le cadre de l’initiative Mission 300. Ce document fixe un objectif de 1 100 MW de capacité électrique installée à l’horizon 2030 et estime les besoins d’investissement à 4,169 milliards de dollars sur la période 2026-2030. Sur cette enveloppe, deux milliards de dollars devraient provenir du secteur privé.
Pour les promoteurs, le développement de nouvelles capacités de production constitue un levier essentiel pour améliorer l’approvisionnement électrique et accompagner l’industrialisation du pays. La concrétisation du programme dépendra toutefois des résultats des études, de la structuration financière et de la conclusion des accords définitifs.
« Le Gabon est le point de départ des ambitions d’Aurion Capital en Afrique », a déclaré Ali Diallo, fondateur et directeur général du groupe. Il a notamment souligné l’importance d’une production électrique fiable et compétitive pour soutenir le développement industriel du continent.
Souleymane Diallo, président Afrique d’Aurion Capital, a également affirmé que le Gabon disposait de ressources gazières et d’une volonté politique susceptibles de favoriser la transformation de son système électrique. Le groupe indique par ailleurs examiner d’autres possibilités d’investissement dans l’énergie, les mines et les infrastructures dans plusieurs pays africains.
Des relations économiques renforcées avec les États-Unis et les Émirats arabes unis
Le projet intervient dans un contexte de rapprochement économique entre le Gabon, les États-Unis et les Émirats arabes unis, deux marchés depuis lesquels Aurion Capital Holdings mène ses activités.
Le 6 février 2026, le Gabon et les Émirats arabes unis ont signé à Abou Dhabi un accord de partenariat économique global destiné notamment à réduire les barrières commerciales et à faciliter les investissements dans plusieurs secteurs, dont la logistique et les énergies renouvelables. Les échanges commerciaux bilatéraux hors pétrole ont dépassé 320 millions de dollars en 2025, soit plus du double de leur niveau de 2021.
Les échanges de marchandises entre le Gabon et les États-Unis ont, quant à eux, avoisiné 750 millions de dollars en 2025. En juillet de la même année, le président Brice Clotaire Oligui Nguema figurait parmi cinq chefs d’État africains reçus à la Maison-Blanche pour des discussions axées sur le commerce et l’investissement.
Au-delà de son ambition de renforcer les capacités électriques du Grand Libreville, Panthera Power représente ainsi une nouvelle initiative portée par des capitaux privés étrangers. Son impact réel sur l’approvisionnement en électricité et le développement industriel du Gabon devra néanmoins être évalué à mesure que les études avanceront et que les engagements contractuels seront précisés.
Rubrique : Économie – Énergie et investissements



