114 milliards de FCFA pour produire localement le clinker et le ciment

Le Gabon veut réduire sa dépendance aux importations de matériaux de construction. La pose, hier, de la première pierre du projet industriel Mondah Green Beach marque une avancée dans cette stratégie. Réalisé avec l’appui technique du groupe chinois Anhui Conch Cement, le complexe doit permettre de produire localement du clinker et du ciment, deux intrants essentiels au secteur du bâtiment.
La cérémonie s’est déroulée sous la présidence du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, représentant le chef de l’État. Porté par Hope Global Investments et Gabon Future Cement SAU, le projet prévoit une ligne de production de clinker d’une capacité de 3 500 tonnes par jour, soit environ un million de tonnes par an. Une cimenterie associée, d’une capacité annuelle d’au moins un million de tonnes, viendra compléter le dispositif.
L’investissement annoncé s’élève à au moins 114 milliards de FCFA. À travers cette infrastructure, les promoteurs entendent répondre à une difficulté structurelle de la filière cimentière gabonaise : la dépendance au clinker importé, dont le coût pèse sur la production et, par conséquent, sur les activités de construction.
Pour le ministre chargé de l’Industrie, Emmanuel Eyeghe Nze, l’enjeu dépasse la seule fabrication de matériaux. Il s’agit de transformer davantage de ressources sur le territoire national, d’attirer des investissements productifs, de renforcer les compétences locales et de développer des chaînes de valeur capables de soutenir la diversification économique.
Le projet s’inscrit également dans le prolongement du rapprochement économique entre Libreville et Pékin. Les perspectives de partenariat avaient notamment été renforcées lors du Forum économique sino-gabonais du 3 septembre 2024, organisé en marge du Forum sur la coopération sino-africaine. Un mémorandum d’entente avait alors été associé au projet Mondah Green Beach, présenté aux populations de Malibé en 2025.
Au-delà de la réduction des importations, les autorités attendent de cette unité qu’elle contribue à structurer la filière cimentière et à améliorer la disponibilité des intrants nécessaires à la construction. Le ministre chargé du Logement, Mays Moussi, a notamment rappelé la complémentarité entre politique industrielle et politique de l’habitat.
La directrice générale de Hope Global Investments, Mme Gao, a pour sa part mis en avant l’objectif de proposer du ciment produit localement avec un rapport qualité-prix adapté aux besoins du pays.
Une mise en service espérée en 2028
Le calendrier annoncé prévoit 24 mois de travaux, avec un objectif de démarrage de la production avant la fin de l’année 2028. Les retombées attendues concernent également l’emploi : entre 300 et 350 postes directs pourraient être créés, auxquels s’ajouteraient de 2 000 à 3 000 emplois indirects dans le transport, la logistique, le commerce, les matériaux de construction et les services.
Ces projections restent liées à la réalisation effective du chantier et à sa mise en exploitation. Pour le Gabon, l’enjeu sera de convertir cet investissement en capacités industrielles durables, susceptibles de réduire la dépendance extérieure et de soutenir le développement du secteur de la construction.



