Gabon : vers une stratégie nationale pour faire de l’intelligence artificielle un levier de développement

Le Gabon entame les travaux devant conduire à l’élaboration de sa première stratégie nationale dédiée à l’intelligence artificielle. Lancé lundi au Palais des Congrès de Libreville, le processus réunit les acteurs du secteur numérique avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).
Représentant le ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, la secrétaire générale du ministère, Aline Minko Mi-Etoua, a ouvert les travaux en présence de la représentante résidente adjointe du PNUD Gabon, Soahangy Mamisoa Rangers.
Passer de l’usage à la production
Pour les autorités gabonaises, l’enjeu n’est plus simplement de déterminer comment utiliser les outils d’intelligence artificielle disponibles sur le marché. Il s’agit désormais de définir les conditions permettant au pays de développer ses propres capacités dans ce domaine.
Le futur cadre stratégique devra notamment tenir compte des réalités nationales, de la culture et des spécificités du Gabon. L’objectif affiché est de favoriser une appropriation de l’IA qui puisse répondre aussi bien aux besoins de l’administration qu’à ceux des populations.
Cette démarche intervient dans un contexte où l’intelligence artificielle prend une place croissante dans de nombreux secteurs. Le gouvernement souhaite donc accompagner son développement tout en établissant des règles permettant d’encadrer son utilisation.
Des garde-fous pour accompagner la transformation
La question de la responsabilité figure également parmi les sujets abordés durant les travaux. Le ministère entend renforcer les compétences des agents et mettre en place des mécanismes permettant d’accompagner l’intégration de ces technologies dans les systèmes nationaux.
L’approche défendue par les autorités repose ainsi sur un équilibre entre innovation, prudence et respect des principes éthiques. La stratégie en préparation est appelée à dépasser le seul cadre du ministère porteur du projet pour devenir un document de référence à l’échelle nationale.
Le PNUD mise sur les jeunes talents
Partenaire de l’initiative, le PNUD considère cet atelier comme le point de départ d’un travail consacré à l’évaluation de l’écosystème gabonais de l’IA et à la définition des orientations futures du pays.
Soahangy Mamisoa Rangers a notamment souligné le caractère transversal de ces technologies. Selon elle, le numérique et l’IA peuvent contribuer à accélérer les évolutions dans des domaines aussi variés que l’éducation, la santé, l’agriculture, l’administration ou encore l’emploi.
Une attention particulière est accordée à la jeunesse. Le PNUD estime que les jeunes doivent pouvoir bénéficier de formations adaptées aux nouveaux métiers, mais aussi disposer de conditions favorables à la création d’activités et au développement de solutions locales.
Les travaux engagés à Libreville doivent ainsi permettre au Gabon de poser les premières bases d’un cadre national destiné à accompagner le développement de l’intelligence artificielle tout en valorisant les compétences et les innovations produites localement.



