Économie

CEMAC : les États captent plus de 12 200 milliards de FCFA du système bancaire

CEMAC — Les besoins de financement des États prennent une place croissante dans le système bancaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale. Selon les dernières données de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), les créances nettes du système monétaire sur les administrations publiques ont atteint 12 218,3 milliards FCFA à fin juin 2026, contre 10 873,3 milliards FCFA douze mois plus tôt.

Une progression de 12,4 % en un an

En l’espace d’une année, l’exposition du système monétaire aux États de la CEMAC s’est accrue de 1 345 milliards FCFA, soit une progression de 12,4 %. Cette évolution a contribué à hauteur de 6,1 points à l’augmentation de la masse monétaire régionale.

Le niveau atteint rapproche désormais fortement les financements publics de ceux accordés au secteur productif. Les crédits destinés aux entreprises, aux ménages et aux autres agents économiques totalisaient en effet 13 638,7 milliards FCFA à la même période, après une progression annuelle de 8,8 %.

Les banques davantage exposées aux besoins des États

L’écart entre les deux catégories de financement ne dépasse ainsi plus 1 500 milliards FCFA. Au Gabon et au Congo notamment, les créances détenues sur les administrations publiques seraient déjà supérieures aux crédits distribués au reste de l’économie.

Pour la BEAC, cette évolution s’explique principalement par les besoins de trésorerie des gouvernements et leurs nécessités de financement, dans un environnement marqué par un service de la dette important et des marges budgétaires réduites.

Le marché régional des titres publics constitue également un canal majeur de financement. Son encours s’élevait à 10 219,3 milliards FCFA à fin juin 2026, renforçant l’implication des établissements bancaires dans le financement des déficits et des besoins de trésorerie publics.

Le crédit privé reste dominé par le court terme

Malgré cette forte présence des États dans les bilans bancaires, les financements accordés au secteur privé continuent de progresser. Leur structure demeure toutefois largement orientée vers les échéances courtes.

Les crédits à court terme représentent 55,1 % de l’encours bancaire régional, contre 41 % pour le moyen terme et seulement 3,9 % pour le long terme.

Les financements à long terme ont certes augmenté de 20 % sur un an, mais leur faible poids limite encore les possibilités de financement des investissements nécessitant plusieurs années de retour sur capital, notamment dans l’industrie, les mines et les infrastructures.

La dette publique au cœur des risques

La BEAC considère par ailleurs que l’importance des besoins de financement publics, les risques d’accumulation d’arriérés et le poids du service de la dette figurent parmi les principales vulnérabilités internes de la CEMAC.

Face à cette situation, la banque centrale préconise notamment une meilleure mobilisation des recettes non pétrolières, une utilisation plus efficace des dépenses publiques et une gestion plus rigoureuse de l’endettement.

Avec plus de 12 000 milliards FCFA de créances nettes sur les États, les données de la BEAC illustrent ainsi le poids croissant du financement public dans le système monétaire de la sous-région.

Marc.M

Juriste de formation, j’ai découvert la communication par curiosité, avant d’en faire une véritable passion. Depuis 2025, je m’investis au sein d’Actu241, notamment dans la rédaction d’articles consacrés à l’économie, à la société, au sport et à la culture. « Informer, c’est donner du sens aux faits et une voix aux réalités. »

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