Économie

Fiscalité : la Banque mondiale veut connecter les données pour mieux sécuriser les recettes du Gabon

Pour améliorer les recettes fiscales, le Gabon doit encore franchir un cap dans la digitalisation de son administration. C’est l’un des constats de la Revue des finances publiques du Gabon 2026 de la Banque mondiale, qui insiste sur la nécessité de faire communiquer davantage les différents systèmes d’information de l’État.

L’enjeu dépasse la simple modernisation informatique. Pour l’institution, une meilleure circulation des données permettrait à l’administration fiscale de disposer d’informations plus fiables sur les contribuables et, surtout, de limiter les risques de recettes échappant au contrôle de l’État.

Des plateformes qui ne communiquent pas assez

La Banque mondiale pointe notamment le fonctionnement encore séparé de certains outils numériques. Le logiciel consacré à la Contribution foncière unique (CFU-BDD) n’est pas suffisamment intégré aux autres dispositifs informatiques de l’administration économique.

Cette situation peut multiplier les incohérences dans les bases de données et compliquer le suivi des contribuables. L’interconnexion de Digitax avec les autres systèmes du ministère chargé de l’Économie apparaît ainsi comme une priorité pour disposer d’une information fiscale plus complète.

Banques et SEEG comme sources de données

La réforme pourrait également passer par une utilisation plus large des informations détenues par des organismes tiers.

La Banque mondiale encourage notamment la DGI à exploiter davantage les données provenant des établissements bancaires et de la SEEG. Le rapprochement de ces informations avec les fichiers fiscaux doit permettre de repérer plus facilement les situations irrégulières et d’améliorer le ciblage des contrôles.

L’objectif est de donner à l’administration les moyens de mieux détecter les contribuables qui ne respectent pas leurs obligations fiscales.

Digitax doit toucher davantage d’entreprises

Autre piste : élargir progressivement l’utilisation de Digitax aux petites entreprises et développer les démarches fiscales entièrement en ligne.

Pour la Banque mondiale, la dématérialisation doit à la fois simplifier les obligations des contribuables et réduire certaines faiblesses administratives. Les services numériques pourraient ainsi permettre de limiter les procédures manuelles tout en améliorant le suivi des déclarations.

Douanes et impôts appelés à travailler sur les mêmes données

La Banque mondiale recommande également de rapprocher davantage les administrations fiscales et douanières. Elle préconise la mise en place d’une interface permanente entre la DGI et la Direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI).

L’institution souhaite par ailleurs voir les contrôles fiscaux s’appuyer davantage sur l’analyse des risques. Plutôt que de multiplier les contrôles indistinctement, l’administration pourrait ainsi concentrer ses moyens sur les situations présentant les plus fortes probabilités d’irrégularités.

Le numérique comme outil de sécurisation des recettes

À travers ces différentes recommandations, la Banque mondiale présente donc la transformation numérique comme un moyen de mieux connaître l’assiette fiscale, détecter les anomalies et sécuriser les recettes publiques.

Pour le Gabon, l’enjeu est désormais de faire évoluer ses différents outils numériques vers un système davantage connecté, capable de faire circuler rapidement des données fiables entre les administrations et les partenaires concernés.

Marc.M

Juriste de formation, j’ai découvert la communication par curiosité, avant d’en faire une véritable passion. Depuis 2025, je m’investis au sein d’Actu241, notamment dans la rédaction d’articles consacrés à l’économie, à la société, au sport et à la culture. « Informer, c’est donner du sens aux faits et une voix aux réalités. »

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