Société

Prison centrale de Libreville : une fouille surprise permet de saisir plus de 2,2 millions de FCFA et divers produits interdits

Une vaste opération de contrôle a été menée jeudi 23 octobre 2026 à la Prison centrale de Libreville. Baptisée « Coup de balai », cette fouille inopinée, conduite de 6 heures à 22 heures, a permis de découvrir une importante somme d’argent ainsi que divers objets et produits prohibés en détention. Selon le procès-verbal consulté à la source, le montant total des surplus financiers saisis atteint 2 290 975 FCFA, alors que la somme autorisée est limitée à 5 000 FCFA par détenu.

L’opération a été ordonnée par le directeur de la Prison centrale de Libreville, l’administrateur de prison Commandant Loundou Guy Stéphane. Elle a été conduite par l’unité opérationnelle du Commandement en chef en second, sous la responsabilité de M. Ngoundou Boucka J. de Dieu.

Plus de 3 000 détenus étaient concernés par cette intervention, qui a mobilisé les équipes pénitentiaires dans l’ensemble des quartiers de l’établissement. L’objectif affiché était de rétablir l’ordre et la discipline au sein de la maison d’arrêt, en renforçant le contrôle des objets et des sommes d’argent détenus par les personnes incarcérées.

Plus de 2,2 millions de FCFA et une diversité de produits saisis

D’après le procès-verbal de l’opération, les fouilles ont permis de récupérer 2 290 975 FCFA correspondant aux sommes dépassant le plafond autorisé de 5 000 FCFA par détenu. Cette découverte constitue l’un des principaux résultats de l’intervention.

Mais les agents ont également mis la main sur une quantité importante de produits et d’objets interdits ou soumis à contrôle. L’inventaire mentionne notamment 576 produits cosmétiques, 328 paquets de jeux de cartes, 292 bonbons au chanvre, 70 chargeurs et 26 paquets de cigarettes.

Les équipes ont aussi découvert 14 plaquettes de tramadol, un carton contenant diverses armes blanches, un marteau en fer, une box Wi-Fi Airtel, des sachets de poudre blanche, des joints de chanvre ainsi qu’une munition d’arme factice.

La diversité des objets recensés soulève des interrogations sur les circuits d’introduction et de circulation de ces produits à l’intérieur de l’établissement pénitentiaire. Elle met également en évidence les difficultés liées au contrôle des biens détenus ou utilisés par les personnes incarcérées.

Le règlement intérieur invoqué pour encadrer les fouilles

L’opération s’appuie sur l’arrêté n°0018/MJGS/CAB portant règlement intérieur des établissements pénitentiaires. Plusieurs dispositions de ce texte encadrent les contrôles effectués sur les détenus et les objets introduits dans les prisons.

L’article 24 prévoit notamment qu’à leur arrivée, les détenus « sont fouillés. Il ne leur sera laissé ni argent, ni instruments dangereux ». L’article 28 autorise également les fouilles chaque fois que le directeur de la prison ou le chef des services pénitentiaires l’estime nécessaire. Quant à l’article 29, il précise que tous les objets apportés de l’extérieur doivent être contrôlés et rappelle l’interdiction des jeux d’argent.

Le quartier des femmes a également fait l’objet d’une fouille, menée par des sages-femmes avec l’appui du personnel médical. Selon les informations rapportées dans le procès-verbal, des sommes d’argent et des téléphones auraient notamment été dissimulés dans les parties intimes de certaines détenues.

Une opération destinée à rétablir l’ordre

À travers cette initiative, l’administration pénitentiaire entend rappeler que la détention est soumise à des règles strictes et que la circulation de produits interdits, les activités commerciales illicites et les pratiques assimilables à des trafics n’ont pas leur place au sein de la prison.

À l’issue de la fouille, les objets et sommes saisis étaient toujours conservés sur place, dans l’attente du constat du procureur général. Les suites judiciaires ou administratives éventuelles dépendront notamment des vérifications qui seront effectuées sur la nature et la provenance des produits découverts.

Au-delà du volume des saisies, cette opération pose la question de l’efficacité des dispositifs de contrôle permanents dans un établissement accueillant plus de 3 000 détenus. Le défi pour l’administration pénitentiaire sera désormais de faire de ce « coup de balai » autre chose qu’une intervention ponctuelle, en consolidant durablement la sécurité et le respect du règlement intérieur.

Marc.M

Juriste de formation, j’ai découvert la communication par curiosité, avant d’en faire une véritable passion. Depuis 2025, je m’investis au sein d’Actu241, notamment dans la rédaction d’articles consacrés à l’économie, à la société, au sport et à la culture. « Informer, c’est donner du sens aux faits et une voix aux réalités. »

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