Économie

42,6 milliards de FCFA d’impayés réclamés par SUMMA

La poursuite de plusieurs projets d’infrastructures au Gabon se heurte à une difficulté financière majeure. L’entreprise turque SUMMA affirme attendre de l’État gabonais le règlement de 65 millions d’euros, correspondant à environ 42,6 milliards de FCFA. Une situation qui préoccupe particulièrement son directeur général, Envar Sayan, reçu le 3 novembre 2026 par le ministre des Travaux publics et de la Construction, Millot Lambert Mouvinde.

Derrière cette créance, trois opérations importantes sont concernées : la Cité de la Démocratie, le bâtiment destiné aux Nations Unies et l’échangeur de Jeanne-Ébori. Pour l’entreprise, l’enjeu dépasse la simple régularisation comptable. Les sommes attendues doivent permettre de maintenir les équipes sur le terrain et de faire face aux dépenses liées à l’exécution des contrats.

La société explique notamment devoir honorer ses engagements auprès de ses fournisseurs, sous-traitants et employés. Sur ses différents chantiers gabonais, elle mobilise près de 2 000 travailleurs, parmi lesquels 1 600 Gabonais. Un blocage prolongé des paiements pourrait donc affecter directement cette main-d’œuvre.

Trois projets confrontés à des échéances financières

Les besoins de financement ne se présentent pas de la même manière selon les sites. À la Cité de la Démocratie, où sont notamment construits le Palais présidentiel et 55 villas dans le cadre de la deuxième tranche, SUMMA indique que les travaux approchent de leur achèvement. La remise de cet ensemble est prévue à la fin de l’année 2026, mais l’entreprise attend encore 40 millions d’euros, soit plus de 26 milliards de FCFA, avant la fin novembre.

Le bâtiment des Nations Unies présente, lui, un niveau d’exécution estimé à 44 %. Selon les éléments communiqués par le directeur général, 10 millions d’euros, environ 6,5 milliards de FCFA, restent à percevoir depuis le lancement de cette opération.

À Jeanne-Ébori, le montant réclamé atteint 4 millions d’euros, soit près de 2,6 milliards de FCFA. Malgré cette créance, SUMMA maintient l’objectif d’une livraison de l’échangeur en mars 2027.

Autre point soulevé au cours de la rencontre : la devise de règlement. Envar Sayan a fait part de sa préférence pour un paiement du deuxième décaissement qui ne soit pas effectué en monnaie locale, invoquant les contraintes rencontrées dans ses transactions avec des partenaires européens.

Le gouvernement appelé à intervenir

Face à ces difficultés, Millot Lambert Mouvinde a indiqué qu’il transmettrait les préoccupations de l’entreprise au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, également chef du gouvernement. Cette démarche vise à attirer l’attention des plus hautes autorités sur les conséquences possibles des retards de règlement et à rechercher une issue à ce dossier.

Le ministre devrait également se rendre sur les différents sites concernés. Une visite dont la préparation est annoncée afin de lui permettre d’apprécier directement l’état des réalisations et les contraintes rencontrées par l’entreprise.

Cette situation pose une question essentielle pour la politique d’infrastructures du pays : comment garantir l’achèvement des ouvrages dans les délais lorsque les entreprises chargées de leur réalisation signalent des difficultés à obtenir le paiement de leurs prestations ? Pour SUMMA, la régularisation des créances constitue un facteur déterminant pour poursuivre ses engagements. Pour l’État, l’enjeu est de préserver l’avancement des projets tout en apportant une réponse aux obligations financières contractées.

Marc.M

Juriste de formation, j’ai découvert la communication par curiosité, avant d’en faire une véritable passion. Depuis 2025, je m’investis au sein d’Actu241, notamment dans la rédaction d’articles consacrés à l’économie, à la société, au sport et à la culture. « Informer, c’est donner du sens aux faits et une voix aux réalités. »

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