TVA : le Gabon vise 570,58 milliards FCFA de recettes en 2027

Le gouvernement gabonais entend renforcer les recettes fiscales en s’appuyant notamment sur la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Pour l’exercice 2027, le projet de loi de finances prévoit d’en tirer 570,58 milliards FCFA, contre 520,44 milliards FCFA dans la loi de finances rectificative de 2026. Cette prévision correspond à une progression de 50,13 milliards FCFA, soit 9,6 % en un an.
Cette hausse donne à la TVA un poids important dans les ressources publiques. Elle représenterait près de 14,5 % de l’augmentation globale des recettes fiscales attendue en 2027, estimée à 345,8 milliards FCFA. Avec plus du quart des recettes fiscales projetées, cet impôt demeure ainsi l’un des principaux leviers de financement du budget de l’État.
Les importations comme moteur de croissance
Les prévisions reposent sur deux composantes : la TVA perçue sur les activités réalisées à l’intérieur du pays et celle collectée lors du passage des marchandises en douane.
Pour les opérations intérieures, les recettes devraient atteindre 349,50 milliards FCFA en 2027, contre 325,35 milliards FCFA en 2026. Le gain attendu s’élève à 24,15 milliards FCFA, soit une progression de 7 %.
La contribution des importations devrait être encore plus dynamique. La TVA douanière est évaluée à 221,08 milliards FCFA, contre 195,09 milliards FCFA l’année précédente. Cela représente près de 26 milliards FCFA de recettes supplémentaires, soit une augmentation de 13 %. À elle seule, cette composante pèserait 51,8 % de la hausse totale attendue du produit de la TVA.
Cette tendance s’inscrit dans une perspective plus large de renforcement des recettes douanières. Celles-ci sont estimées à 607,49 milliards FCFA en 2027, contre 545,67 milliards FCFA dans le budget rectificatif de 2026.
Des règles d’assujettissement précisées
Pour accompagner ces objectifs, le projet de loi de finances prévoit également de préciser les conditions dans lesquelles les entreprises et les opérateurs économiques sont soumis à la TVA.
La modification envisagée de l’article 208 du Code général des impôts fixe le seuil général d’assujettissement à 60 millions FCFA de chiffre d’affaires annuel hors taxes. Pour les exploitants forestiers, ce seuil serait porté à 500 millions FCFA.
Le texte prévoit toutefois un régime particulier pour les personnes physiques et morales établies hors du Gabon. Celles-ci seraient redevables de la TVA sur leurs opérations réalisées dans le pays, quel que soit le niveau de leur chiffre d’affaires. Autre disposition : un contribuable dont l’activité passe sous le seuil réglementaire resterait assujetti pendant deux années supplémentaires.
Ces mesures visent à définir plus clairement le périmètre des entreprises concernées, y compris les prestataires étrangers intervenant sur le marché gabonais.
Produits exonérés et taux réduits maintenus
La mobilisation des recettes ne signifie pas pour autant l’application d’un taux uniforme à tous les biens et services. Le PLF 2027 maintient plusieurs aménagements fiscaux en fonction de la nature des produits ou de leur utilité économique et sociale.
Un taux réduit de 5 % est notamment prévu pour le riz, les pâtes alimentaires, les produits laitiers, les œufs issus de la production locale, le ciment et certains matériaux de construction. Les équipements destinés aux énergies renouvelables figurent également dans cette catégorie.
D’autres produits continueraient de bénéficier d’une exonération. C’est notamment le cas du pain, de la farine, des cahiers et manuels scolaires ainsi que des médicaments.
Enfin, le projet prévoit un taux minimum de 5 % pour certains avantages fiscaux accordés sur une base conventionnelle ou individuelle, tout en préservant les exonérations et les taux réduits expressément prévus par la loi.
À travers ces projections, l’exécutif cherche donc à accroître le rendement de la TVA tout en conservant des dispositifs particuliers pour certains secteurs et produits. Reste que l’atteinte de l’objectif de 570,58 milliards FCFA dépendra notamment du niveau réel de l’activité économique, des importations et de l’efficacité du recouvrement fiscal.



