Société

Makouké : sans bac, les élèves contraints de parcourir des kilomètres pour aller en classe

À Makouké, rejoindre son établissement scolaire est devenu un véritable parcours du combattant pour de nombreux élèves. Depuis le retrait du bac qui assurait la traversée du fleuve, les habitants doivent recourir à des pirogues pour rejoindre l’autre rive. Une situation qui expose les usagers à des risques supplémentaires et allonge considérablement les déplacements, selon un reportage de Nour Radio TV.

Pour les élèves, les difficultés ne s’arrêtent pas à la traversée. Après environ cinq minutes en pirogue, il leur faut encore parcourir près de cinq kilomètres à pied pour atteindre le lycée Léonard Mbamakoué. Une distance éprouvante, particulièrement sous la chaleur et dans la poussière.

L’accès au transport collectif reste par ailleurs limité. Seuls les enfants dont les parents travaillent pour une entreprise locale peuvent bénéficier d’un bus, à condition de répondre aux critères d’identification imposés, notamment la présentation d’un matricule. Pour les autres familles, les déplacements reposent essentiellement sur les moyens disponibles sur place.

Des conséquences directes sur la fréquentation scolaire

Cette situation commence à peser sur les effectifs et le fonctionnement de l’établissement. Le proviseur du lycée Léonard Mbamakoué, Flo Patrick Mouloungui, affirme que plusieurs familles ont préféré retirer leurs enfants de l’école pour les inscrire à Lambaréné, par crainte des conditions de traversée.

Il relève également des retards fréquents chez les élèves qui continuent de fréquenter l’établissement. Ces difficultés d’accès finissent par perturber le déroulement des cours et affecter les apprentissages.

Pour les responsables de l’établissement, la question du transport dépasse donc le simple problème de déplacement. Elle touche directement à l’égalité d’accès à l’éducation et à la capacité des élèves à suivre régulièrement leur scolarité.

Piroguiers et travailleurs confrontés aux mêmes difficultés

L’absence du bac bouleverse aussi les activités économiques et les habitudes des habitants. Les piroguiers assurent désormais une partie des traversées, mais leurs recettes restent variables. Ango Simon Ulrich, qui exerce cette activité, explique que les tarifs peuvent être adaptés à la situation des passagers. Il affirme notamment ne pas vouloir laisser un élève ou une mère de famille sans solution faute de pouvoir payer le prix demandé.

Les travailleurs ne sont pas épargnés. Prudence Moussavou, agricultrice dans la région, décrit des journées prolongées par les attentes et les difficultés de retour au domicile. Selon son témoignage, certains habitants peuvent patienter jusqu’en soirée avant de regagner leur maison, avec des conditions encore plus pénibles lorsque la pluie survient.

Le retour du bac, une attente qui dépasse le transport

À Makouké, la remise en service du bac apparaît ainsi comme une préoccupation qui concerne aussi bien les familles que les élèves, les travailleurs et les acteurs économiques locaux.

Au-delà de la traversée du fleuve, cette liaison conditionne l’accès aux établissements scolaires, la poursuite des activités professionnelles et les échanges entre les communautés. Son absence fragilise l’organisation quotidienne de toute une partie de la population.

Les témoignages recueillis par Nour Radio TV mettent en évidence l’urgence d’une solution durable et sécurisée. Pour les habitants, le retour du bac permettrait de retrouver une liaison régulière et de réduire les contraintes qui pèsent aujourd’hui sur leur quotidien.

Marc.M

Juriste de formation, j’ai découvert la communication par curiosité, avant d’en faire une véritable passion. Depuis 2025, je m’investis au sein d’Actu241, notamment dans la rédaction d’articles consacrés à l’économie, à la société, au sport et à la culture. « Informer, c’est donner du sens aux faits et une voix aux réalités. »

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