ONU : le Gabon veut une gouvernance mondiale plus équitable pour l’Afrique

À la tribune des Nations unies, le Gabon a porté un message axé sur la place de l’Afrique dans les grandes décisions internationales. Lors du débat général de la 81ᵉ Assemblée générale de l’ONU, la ministre des Affaires étrangères, Marie-Édith Tassyla-Ye-Doumbeneny, a défendu un système multilatéral davantage ouvert aux réalités et aux intérêts du continent.
Intervenant au nom du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, la cheffe de la diplomatie gabonaise a estimé que les crises actuelles rendent indispensable un retour aux règles qui encadrent les relations entre États. Conflits armés, tensions entre puissances, changement climatique et difficultés humanitaires ont été cités parmi les principaux défis auxquels la communauté internationale doit répondre collectivement.
Libreville a également mis en avant plusieurs dossiers concernant directement l’Afrique. Le Gabon souhaite notamment voir progresser les mécanismes permettant de financer les opérations africaines de maintien de la paix. La sécurité maritime dans le Golfe de Guinée figure également parmi les priorités défendues par la délégation gabonaise, compte tenu de l’importance croissante de cette zone pour les échanges commerciaux.
Des attentes économiques et climatiques
Sur le front économique, le Gabon entend faire de ses ressources naturelles un levier de transformation de son économie. À travers le PNCD 2026-2030, le pays mise notamment sur la transformation locale, la diversification des activités et l’accès accru aux technologies.
La question du financement climatique constitue un autre point fort du plaidoyer gabonais. Libreville estime que les efforts consentis pour préserver les équilibres environnementaux mondiaux doivent être davantage pris en compte dans les mécanismes internationaux de financement.
La diplomatie gabonaise a aussi attiré l’attention sur les défis liés à l’essor du numérique. Protection de la vie privée, propagation de fausses informations et cybercriminalité nécessitent, selon Libreville, des réponses coordonnées à l’échelle internationale.
Sahara occidental, mémoire historique et Cuba
Dans son intervention, Marie-Édith Tassyla-Ye-Doumbeneny a par ailleurs salué plusieurs initiatives et résolutions adoptées au sein du système onusien. Elle a notamment évoqué la résolution 2797 (2025) sur le Sahara occidental ainsi que le texte consacré à la traite des esclaves africains.
Le Gabon a enfin réaffirmé son attachement à une réforme de la gouvernance mondiale donnant davantage de poids au continent africain dans les instances où se décident les questions de paix et de sécurité. Libreville a également renouvelé son soutien à Cuba, concluant une intervention placée sous le signe du renforcement du multilatéralisme.



