Société

Sogatra et Trans’Urb : la grève relancée, la fusion au bord de l’impasse

La fusion-absorption de la Société gabonaise de transport (Sogatra) et de Trans’Urb, présentée comme une solution pour redynamiser le transport public, se heurte à de nouvelles tensions sociales. Les agents des deux entités ont décidé de reprendre leur mouvement de grève, dénonçant notamment près de deux mois de salaires impayés et leur mise à l’écart du processus de fusion.

Le projet de réunir la Sogatra et Trans’Urb au sein d’une seule société nationale de transport urbain traverse une nouvelle zone de turbulences. Alors que cette réforme est censée contribuer à améliorer la mobilité dans le Grand Libreville, le climat social au sein des deux entreprises s’est de nouveau détérioré.

Selon le quotidien L’Union, dans son édition du vendredi 30 octobre 2026, les syndicats ont annoncé, le mardi 27 octobre à Libreville, la levée de la suspension de leur mouvement de grève. La décision a été prise au cours d’une assemblée générale organisée au siège de la Compagnie nationale des transports.

Près de deux mois de salaires impayés

Au cœur de la contestation figure d’abord la question des rémunérations. Les représentants du personnel dénoncent l’absence de paiement des salaires, malgré les assurances et engagements évoqués précédemment.

Émile Okongo, vice-président du syndicat, affirme que les fonds destinés aux salaires restent inscrits au budget, sans qu’un ordre de paiement ait été établi. Une situation qui, selon lui, plonge les agents dans une précarité grandissante.

« Nous sommes à presque deux mois de salaires impayés », déplore-t-il.

La présidente syndicale, Évangéline Ndjako Ndaka-Ngowet, confirme le blocage : « Jusqu’à ce jour, il n’y a toujours pas d’ordre de paiement ».

Pour les employés, cette situation devient difficilement tenable. Chauffeurs, receveurs et autres personnels attendent le règlement de leurs rémunérations alors que leur activité est directement liée au fonctionnement quotidien du transport collectif.

Les agents réclament d’être associés à la fusion

Au-delà des revendications salariales, les syndicats contestent également la manière dont est conduite la fusion entre les deux entreprises. Les travailleurs estiment ne pas être suffisamment associés à une réforme qui pourrait pourtant modifier en profondeur leur situation professionnelle et l’organisation de leurs structures.

Ils demandent donc à être informés et impliqués dans les décisions concernant l’avenir des deux entités. À leurs yeux, la création d’une société unique ne peut se faire durablement sans prendre en compte les préoccupations de ceux qui assurent le fonctionnement du service au quotidien.

Face à ce qu’ils considèrent comme des engagements non respectés, les représentants du personnel interpellent directement le chef de l’État et le gouvernement. Ils réclament une intervention rapide afin de débloquer la situation, tant sur le plan salarial que sur celui de la réforme institutionnelle.

Le délégué Essono résume leur attente en une phrase : « Nous ne demandons qu’à travailler et à être payés en temps et en heure ».

Le transport public du Grand Libreville sous pression

Cette reprise de la grève fragilise davantage le projet de fusion-absorption, dont l’ambition est de regrouper les moyens et les activités de la Sogatra et de Trans’Urb au sein d’une structure nationale plus cohérente.

Mais les difficultés sociales montrent que la réussite d’une telle réforme ne dépend pas uniquement de son architecture administrative ou financière. Le règlement des arriérés de salaires, le dialogue avec les syndicats et la clarification de la situation des agents apparaissent comme des conditions essentielles à son aboutissement.

Alors que le gouvernement a inscrit la mobilité urbaine parmi les priorités de son Plan national de croissance et de développement (PNCD), les attentes sont désormais fortes. Il lui revient de trouver une issue à ce nouveau bras de fer pour éviter que les tensions au sein des deux entreprises ne compromettent davantage le fonctionnement du transport public dans le Grand Libreville.

Marc.M

Juriste de formation, j’ai découvert la communication par curiosité, avant d’en faire une véritable passion. Depuis 2025, je m’investis au sein d’Actu241, notamment dans la rédaction d’articles consacrés à l’économie, à la société, au sport et à la culture. « Informer, c’est donner du sens aux faits et une voix aux réalités. »

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