Urbanisation : le Gabon premier en Afrique avec 92,1 % de sa population en ville
Le Gabon détient un record continental qui mérite une attention particulière. Avec 92,1 % de sa population vivant en zone urbaine en 2025, le pays se positionne en tête des États les plus urbanisés d’Afrique en 2026, devant la Libye (87,9 %) et le Cap-Vert (77,6 %). Un classement publié par The African Exponent, à partir des données de la Banque mondiale, qui souligne surtout l’ampleur des défis auxquels le pays doit désormais faire face.
Derrière cette performance statistique se cache une réalité bien connue des populations : une forte concentration des habitants, des activités économiques et des services dans les principales agglomérations, notamment Libreville et Port-Gentil.
Un record qui accentue la pression sur les villes
Cette urbanisation massive offre certains avantages. La proximité des populations avec les marchés, les administrations, les établissements de santé et les infrastructures peut favoriser les échanges économiques et faciliter l’accès aux services.
Cependant, cette concentration exerce également une pression considérable sur les équipements urbains. L’accès au logement, la mobilité, l’approvisionnement en eau et en électricité, l’assainissement ainsi que la gestion des déchets restent autant de préoccupations qui accompagnent la croissance des villes.
Le paradoxe est donc évident : le Gabon est le pays le plus urbanisé du continent, mais ce statut ne garantit pas automatiquement des villes mieux équipées, plus productives ou offrant de meilleures conditions de vie.
Faire de l’urbanisation un moteur de croissance
Pour tirer profit de cette configuration démographique, le pays doit désormais transformer la concentration de sa population en véritable levier économique. Cela passe notamment par des investissements dans les infrastructures de transport, le logement, l’énergie, l’eau potable et les équipements destinés à soutenir les activités productives.
Le développement des secteurs industriel, commercial et des services pourrait également bénéficier de cette proximité entre les populations, les entreprises et les marchés. Encore faut-il que les infrastructures suivent le rythme des besoins et que les investissements produisent des effets concrets sur l’emploi et les conditions de vie.

Un autre enjeu concerne la répartition géographique des activités économiques. La forte attraction exercée par Libreville et Port-Gentil montre les limites d’un modèle dans lequel les opportunités restent concentrées dans un nombre restreint de pôles urbains. Le développement des villes de l’intérieur pourrait contribuer à mieux répartir les populations et les activités sur le territoire national.
Au-delà du classement, l’urgence de mieux planifier
La première place africaine du Gabon en matière d’urbanisation constitue un indicateur démographique important, mais elle ne saurait être considérée comme une réussite économique en soi.
Le véritable défi consiste à accompagner cette réalité par une politique d’aménagement cohérente, capable d’anticiper les besoins des populations et de réduire les déséquilibres entre les territoires.
En définitive, le Gabon n’a plus seulement à gérer la croissance de ses villes : il doit apprendre à en faire des espaces de production, d’investissement et d’amélioration du cadre de vie. Sans planification rigoureuse ni infrastructures adaptées, ce record risque de rester un simple chiffre, loin de se traduire par un véritable avantage pour l’économie nationale.



